Accolés au temps qu’il nous reste

Nous errons dans cette vacuité domestique

Paisibles bonheurs d’anesthésie

Où l’on respire par habitude

Pour que le cœur batte encore

… comme la pendule d’argent

 

Perfusions indolores et perverses

De bougies d’anniversaire

De chansons désenchantées

De demains sans lendemains

 

Accolés aux souvenirs qui nous restent

Nous lançons les balles moins haut

Nous désirons partir moins loin

Spirale de l’inerte en nos veines

 

Les orgues se taisent

La forge s’éteint

La faucheuse affûte son outil

 

Je m’échappe

Par cette fenêtre laissée ouverte

Au cas où…

 

Cette fenêtre laissée ouverte

N’en finit pas de rétrécir

Je ne peux plus m’échapper

 

Dehors, le paysage est immobile

Et froid

Et triste

Désertées les avenues

 

Les plages vides restent froides

Plus de vent

Plus de chant d’oiseaux

L’éternité commence déjà