Avant que la mort ne s’avance
Écoutez ce tourment
Qui me lance
Mes veines charrient
Un sang d’encre, couleur sépia
Qui ne s’efface pas
Mes yeux pleurent des larmes
Couleur chagrin
Comme ça, pour rien
Mon cœur s’afflige
S’apitoye
Par dépit, se fige
Cette peine m’épuise
A chaque chose promise
Son dû, son revers, sa bise
Ah, laisser ces oripeaux de femme
M’abandonner
À la morsure de la flamme
Je veux doucement glisser
Et, sans regret
M’en aller…

Tanagra, ce poème me touche beaucoup.
Oui, bien sûr, il y a cette couleur sépia, cette couleur chagrin, et cet appel final à “laisser ses oripeaux” pour “glisser … sans regret“.
Mais, pour moi, ce texte fait écho à ce que pourraient être mes nouvelles sources d’inspiration, mais que je me refuse. Et c’est pourquoi je n’écris presque plus rien : ce serait vraiment morbide de publier tout ce qui me vient à l’esprit. Alors j’attends des jours meilleurs… 🙂
Je suis donc étonné – mais pas trop – que tu en viennes toi aussi à aborder ce thème. Tu le fais avec beaucoup de talent, ce qui ne serait pas le cas pour moi, je crois.
Ah ! Si tu savais comme la mort est douce, voilà comment je voudrais commencer un poème, mais je préfère m’arrêter là.
À bientôt alors, Tanagra ? 🙂
Ce poème, intitulé « Spleen », exprime avec une grande intensité le mal-être profond et la mélancolie accablante de son auteur. À travers des images puissantes et évocatrices — telles que le « sang d’encre couleur sépia » ou les « larmes couleur chagrin » —, le texte dépeint un tourment intérieur à la fois poignant et inéluctable. L’usage du vocabulaire chargé d’émotion traduit une souffrance intime mêlée à une forme de résignation face à l’inexorabilité de la douleur et au désir d’échapper à ce poids existentiel. Ainsi, ce poème s’inscrit dans la tradition lyrique du spleen, incarnant le combat silencieux contre une tristesse qui épuise et écrase.
Cette émotion me rappelle la conférence du Président Georges Pompidou, le 1er septembre 1969 à la suite du suicide de Gabrielle Russier, jeune professeur de Lettres, mère de deux enfants et épouse divorcée (donc libre), qui avait une relation avec un de ses élèves.
Je ne vous dirai pas tout ce que j’ai pensé sur cette affaire. Ni même d’ailleurs ce que j’ai fait. Quant à ce que j’ai ressenti, comme beaucoup, eh bien,
Comprenne qui voudra !
Moi, mon remords, ce fut
la victime raisonnable
au regard d’enfant perdue,
celle qui ressemble aux morts
qui sont morts pour être aimés.
C’est de l’Éluard. Mesdames et Messieurs, je vous remercie“.
Hermano,
Merci de ta bienveillance inquiète.
Alors que les yeux restent désespérément secs, lorsque les paroles ne dépassent pas le bout des lèvres, l’écriture permet à l’âme de s’exprimer…