Au-devant, le brouillard, les ombres incertaines, Les fantômes hagards, les êtres sans lumière. Derrière, à pas de loup, les monstres sans mystère, Les cavaliers barbares, les chevaliers austères.
Et puis, venant hurlant, les hordes bicéphales, Les démons des ténèbres, les gargouilles d’or pâle. Et moi, dans tout cela, hurlant de ma démence, Dirigeant et régnant, et victime à la fois.
Pion désarticulé, jeté comme en pâture Sur des charbons ardents, devant ces créatures. Dans les cris inhumains, recherchant leur nature, Reconnaître ma voix et croire encore rêver.
Cauchemar et délire pour arrêter de vivre Dans ce dédale obscur, ce labyrinthe ivre D’une autre dimension, d’un autre pauvre monde, Sans raison d’exister qui s’étend comme une onde.
Et des larmes de sang coulent sur le trottoir, Et s’écoulent une à une le long d’un exutoire.
Infini de l’attente de voir le jour revivre, De sentir à nouveau le soleil sur ma peau, Dans l’angoisse du soir où reviendront encore Les ombres de la mort, me frôler de leurs ailes
Gilbert

Texte de qualité épistolaire certaine qui demanderait à être relu pour éliminer quelques fautes qui nuisent à la lecture du poème.
Je suis sans doute curieux, mais j’aimerais en connaître l’auteur ou tout au moins son pseudo !
Peut-il se faire connaître ?
Moi aussi, j’aimerais connaître l’auteur de ce texte car il semblerait qu’un petit problème technique empêche de laisser apparaître son nom…
Je ressens dans ce poème une vraie pulsion et j’aime cela. Oui, un souffle des mots que rien ne peut arrêter, d’une grande densité.
Je note les assonances brouillard/hagard/barbares et lumières/mystère/austères qui me bercent dans ma lecture et m’engagent à poursuivre ce flot de mots, à la fois épique, palpitant, et désarticulé comme un cauchemar. Bref, j’ai beaucoup aimé.
Je me demande si les “h” de “hombres” et de “hardant” sont volontaires pour figurer le lâcher prise, le déraillement dû au cauchemar. Ou pas ?
Dommage que ces quelques coquilles viennent un peu freiner ma lecture :
Cries inhumains -> cris inhumains qui s’étant comme une onde -> qui s’étend comme une onde
et s’écoule une à une -> et s’écoulent une à une ou reviendrons encore -> où reviendront encore
Ce texte est de moi. Comme mon nom n’apparait toujours pas, je voulais quand même le signaler.
Merci Gilbert, d’avouer cette paternité. J’ai réussi à associer ton nom à ce texte mais je ne comprends toujours pas pourquoi cela n’a pas été fait lors de la publication.