Avons-nous la certitude d’être nous-mêmes ?
Quand nous nous regardons dans une glace, ce n’est pas nous que nous voyons, mais notre symétrique. Seuls, les autres nous voient tels que nous sommes.
Physiquement, nous évoluons toute notre vie.
Avant l’invention du miroir, l’homme ne pouvait voir son visage que brouillé dans une mare d’eau calme.
En nous regardant les photos à différents âges, nous croyons avoir la conviction d’être le même individu. C’est bien un acte de foi : quel rapport avec la photo de ce nourrisson joufflu et l’homme adulte, que nous sommes devenu ?
On pourrait multiplier les exemples pour montrer que notre identité physique est aussi éphémère qu’évolutive.
Si nous sommes conscients de notre évolution physique, la plupart d’entre nous sont persuadés de leur inamovibilité mentale.
Et pourtant il n’en est rien : le « moi » de nos 18 ans n’a rien à voir avec le « moi » de nos 40 ans.
Nous allons explorer l’hypothèse que le « moi » n’est pas unique, mais multiple…
Une réflexion inspirée de Paul Auster
Chacun de nous est 4 : celui que nous sommes, celui que nous croyons être, celui que nous sommes pour les autres et celui que nous aimerions être.
L’idée que chacun de nous est composé de plusieurs facettes n’est pas nouvelle. Cette notion d’une identité fragmentée, exprimée à travers les différentes perceptions que nous avons de nous-mêmes et celles que les autres ont de nous, m’a semblé intéressante à être examinée de plus près. En effet, cela nous amène à réfléchir sur qui nous sommes réellement et sur les diverses attentes qui pèsent sur nous, tant de notre part que de celle des autres.
Celui que nous sommes :
C’est l’essence même de notre existence. Cette dimension de nous-mêmes est souvent la plus authentique, celle qui reflète nos émotions, nos pensées et nos expériences vécues. C’est dans cet espace que nous ressentons la joie, la tristesse, la colère, mais aussi l’amour et la paix. Ce “nous” est rarement exposé au grand jour, car il est vulnérable. Il peut être façonné par les circonstances de la vie et les choix que nous faisons, influençant notre parcours sans toujours être en accord avec les attentes sociétales.
Celui que nous croyons être :
C’est une construction mentale, un idéal que nous nous façonnons à travers nos aspirations, nos rêves et nos échecs. Ce soi intérieur est souvent teinté d’illusions et de doutes. Il est difficile de se voir tel que nous sommes vraiment, car nous sommes souvent assaillis par des comparaisons avec les autres. Nous aspirons à correspondre à certains critères, nous créant ainsi une image embellie de ce que nous aimerions devenir. Ce processus peut être bénéfique, car il nous pousse à évoluer, mais il peut également engendrer de la frustration si l’écart entre cette image idéalisée et la réalité est trop grand.
Celui que nous sommes pour les autres :
Il s’agit de l’interface que nous présentons au monde extérieur. Souvent, ce “nous” est influencé par les attentes et les jugements de la société, de notre famille, de nos amis et de nos collègues. Nous jouons des rôles différents selon les contextes sociaux, ajustant notre comportement pour plaire ou pour nous intégrer. Cette facette peut parfois être en désaccord avec notre véritable essence, créant ainsi un sentiment d’inadéquation ou de déconnexion avec notre soi authentique.
Celui que nous aimerions être :
Enfin, il y a cette version de nous-mêmes que nous imaginons, ce potentiel non réalisé qui danse devant nos yeux comme un mirage fascinant. Cela peut inclure des rêves de carrière, des buts personnels ou même des qualités que nous admirons chez d’autres. Ce “soi idéal” représente souvent nos plus grandes aspirations, mais il peut aussi engendrer un sentiment de perte ou d’échec si nous ne nous rapprochons pas de cette vision. Cela peut nous motiver à progresser, mais aussi nous enfermer dans un cycle de comparaison perpétuelle.
En conclusion, ces quatre dimensions de notre identité s’entrelacent et interagissent continuellement, façonnant notre expérience humaine. La clé réside dans la capacité à les reconnaître et à les accepter, tout en travaillant vers un alignement plus harmonieux entre elles. Comprendre que chaque aspect de nous est légitime peut nous aider à mieux naviguer dans la complexité de notre être et à embrasser pleinement notre humanité. En définitive, chacun de nous est un kaléidoscope de possibilités, illuminé par les nuances de notre propre perception et par celles des autres.


Ah ! Vaste sujet. Deux remarques pour moi :
1 – Au chapitre de “Celui que nous croyons être“, je ne sais si c’est Paul Auster ou toi, mais je lis : “Nous aspirons à répondre à certains critères, nous créant une image embellie… …“
Il me semble que cette phrase devrait plutôt figurer au chapitre “Celui que nous aimerions être”.
Par ailleurs, tu sembles indiquer que nous croyons toujours être meilleurs que ce que nous sommes, mais il existe plein de personnes qui se dévalorisent, comme toi lorsque tu t’attribues une grande nullité dans les choses poétiques ! Rires ! 🙂
2 – Je vais être provocateur sur ce sujet et j’espère que tu ne le prendras pas en mauvaise part :
Je me demande à quoi ça sert, à quoi ça sert de réfléchir à tout ça ?
Surtout que de toutes les façons nous n’arriverons à aucune vérité sur nous- mêmes, et quand bien même ferions nous établir ce portrait par un tiers, on n’aurait aucune garantie. Et ce portrait exact nous serait-il utile ?
Oui, je m’interroge sur ce à quoi me servirait de savoir qui je suis vraiment ? Cela m’apporterait-il un bien-être supplémentaire, un paix intérieure, ou bien est-ce justement que j’obtiens cela en croyant à celui que je crois être ? (en me berçant d’illusions)
Donc, vaste sujet en effet, mais j’adore philosopher ainsi… pour rien !
Enfin, mon côté féminin me fait accrocher un peu lors de cette lecture : trop de “celui”, aucune “celle” !!!
Et, ne dit-on pas pourtant “Je ne suis pas celle que vous croyez !”. C’est à dire celle que je crois que vous croyez que je suis.
Ouh ! Là, il faut que j’arrête. Sinon, je vais en arriver à celui qui croit qu’elle croit que je crois qu’elle est. Enfin, peut-être, et je suis sûr que cela doit avoir un nom dans la science mathématique. Récursivité ?
Ah ! Finalement, j’ai passé un bon moment avec ces mystères de l’identité ! Merci Loki !
Celui qui croit qu’elle croit que je crois qu’elle est
À mon avis, ce n’est ni une récursivité, ni un syllogisme, mais plutôt un jeu de mots.
En logique, on appelle « syllogisme » un raisonnement tout à fait élémentaire qui se présente comme un enchaînement de trois propositions entretenant certains rapports de forme. Voici, le plus célèbre exemple de syllogisme : Tout homme est mortel. Or, Socrate est un homme.
La récursivité est une démarche qui fait référence à l’objet même de la démarche à un moment du processus. En d’autres termes, c’est une démarche dont la description mène à la répétition d’une même règle.
L’exemple classique de programmation récursive concerne le calcul des factorielles. La factorielle d’un nombre est calculée en multipliant ce nombre par tous les nombres inférieurs jusqu’à 1 inclus. Par exemple, factorielle (5) est égale à 5 × 4 × 3 × 2 × 1, et factorielle (3) est égale à 3 × 2 × 1 donc dans cette récursivité c’est la même opération qui se répète.
La récursivité est un formidable instrument de la programmation !
“Nous aspirons à répondre à certains critères, nous créant une image embellie… …“
À mon avis, cette phrase est à la bonne place, mais « image embellie » nous entraine trop sur la beauté !
Nous, ne cherchons pas forcément à être « beau », mais à être remarqué.
Comme certains dans d’autres domaines, l’affirmation d’une grande nullité dans les choses poétiques me rend à mes yeux, remarquable, alors que je me fiche comme d’une guigne de la poésie…
Je joue donc un rôle comme tout le monde en société.
Je me demande à quoi ça sert, à quoi ça sert de réfléchir à tout ça ?
Tu as raison à quoi ça sert ? Mais je te surprends à réfléchir…😜
Il est tellement plus confortable de ne pas réfléchir ! Il vaudrait mieux s’abrutir en regardant des programmes de téléréalité ou en scrollant à longueur de journée sur les réseaux sociaux.
Moi j’ai fait le choix de réfléchir et bien que tu t’en défendes toi aussi…
Ben, pour la récursivité, faut voir…
Pour parler rapidement de ma tendre jeunesse, je dois dire que j’écrivais déjà…
J’écrivais en Fortran des algorithmes de recherche opérationnelle. Alors, il me reste de vagues notions de ce que peut être la récursivité, mais j’ai oublié tant de choses !
Pourtant, il m’avait semblé que ma proposition celui qui croit qu’elle croit que je crois qu’elle est avait quelque chose de récursif. Comme tu parais le contester, je suis allé faire un tour chez les linguistes (Chomsky, excusez du peu) et, même si je n’ai pas tout compris, je crois que je n’étais pas loin d’une certaine vérité. Je te soumets cela ci-dessous, juste pour le plaisir, d’accord avec toi, même si cela ne sert pas forcément grand-chose 🙂 :
https://www.universalis.fr/encyclopedie/recursivite-linguistique/
https://www.reddit.com/r/linguistics/comments/nb3vax/recursion_chomsky_and_the_pirah%C3%A3_language/?tl=fr
Par ailleurs, ce que je voulais dire en disant que ces distinctions ne nous menaient à rien, ce n’est pas que je n’ai pas plaisir à y réfléchir, mais je me demande ce que cela m’apporte en dehors d’un divertissement intellectuel que je trouve finalement assez stérile.
Nous savons tous déjà que les autres ne nous voient pas comme nous sommes ou comme nous croyons êtres. Nous-mêmes n’y voyons pas trop clair là-dedans. So what ? Ça permet de comprendre que les autres peuvent avoir envers nous des réactions ou des comportement inattendus, et de s’attendre à cela, mais sans toutefois en connaître les raisons précises et donc sans être capable de changer quelque chose en nous. Hou là ! je me demande si je ne suis pas récursif pour le coup, je n’arrive presque plus à me comprendre !!! 🙂 🙂
J’ai la conviction que philosopher (mais est-ce là de la philosophie ?) doit permettre d’accéder à une meilleure sagesse, un meilleur bien-être, une sorte de sérénité. (Je rappelle ce que dit Montaigne – qui fut Maire près de chez moi – : “Philosopher, c’est apprendre à mourir.“)
Eh bien, voilà où tout cela m’entraine et je confesse que j’y prends un grand plaisir !
Alors, merci Loki !
@hermano je ne sais pas si le Fortran de ta jeunesse était un langage récursif ! Les anciennes versions de Fortran et de COBOL ne prenaient pas en charge les appels récursifs.
Toute façon, je n’irai pas plus loin dans ce domaine, et je garderai la définition mathématique de la récursivité, celles de la logique formelle me semblent parfois un peu fumeuses !
De toute façon, le sujet sur lequel nous discutons tous les deux n’intéresse pas les autres participants du site. Ils ne se soucient pas de savoir s’ils sont 1, 2,3 ou 4e. Et ils ont bien raison. Il leur suffit d’être…
J’ai tenté cette gageure : traiter poétiquement le sujet de cet essai…
Sommes-nous uniques ?
Sommes-nous vraiment uniques,
Dans ce grand ciel qui nous abrite ?
Lorsque dans le miroir nous scrutions,
Ne voyons-nous que notre symétrie, sans conviction ?
Les autres, seuls, nous révèlent,
L’essence de notre être, sans fard ni pare-feu,
Nous évoluons, jour après jour,
Sous les mains du temps, un véritable parcours.
Avant que le miroir ne vienne,
L’homme, ébloui par l’eau sereine,
Aperçoit son visage à peine,
Et dans ses reflets, une part d’éphémère s’entraîne.
Les photos s’accumulent, témoignages figés,
De ce nourrisson joufflu, nous sommes sur un fil échoué.
Pourtant, l’adulte face aux souvenirs se questionne :
Où est le lien, quelle route résonne ?
Notre identité, un souffle qui vacille,
Façonnée par ces âges qui défilent,
Si conscients de notre corps qui change,
Nos mentalités, pourtant, nous dérangent.
Le « moi » d’hier se heurte à celui d’aujourd’hui,
Un kaléidoscope d’ombres et d’alliés,
Quatre facettes dans un même reflet :
Celui que nous sommes, et celui que nous rêvons, secret.
Celui que nous sommes,
Au fond, l’essence de nos drames,
Un espace où la vulnérabilité danse,
Émotions tristes ou éclats d’espérance.
Celui que nous croyons être,
Construction de rêves, de regrets à cacher,
Entre illusions et désirs, notre cœur balise,
Un idéal façonné de promesses en frise.
Celui que nous sommes pour les autres,
Comédien de la vie, entre rires et apôtres,
Nous jouons des rôles, camouflant notre vérité,
Dans un monde qui juge, qui observe, avide d’humanité.
Celui que nous aimerions être,
Une vision suspendue, un mirage à renverser,
Des aspirations lumineuses, des espoirs à cultiver,
Mais aussi des ombres qui nous poussent à redouter.
Ah, ces quatre dimensions de nous-mêmes,
S’entrelacent et tournent, comme une douce gamme.
Reconnaître, accepter, dans la danse de l’existence,
C’est embrasser notre humanité, notre essence.
Car chacun de nous est un kaléidoscope,
Illuminé par des rêves, des nuances en stroboscope,
Naviguant dans cette complexité infinie,
Nous sommes à la fois unique et multiple, en harmonie.
Quel sujet passionnant ! Personnellement, pour répondre à ces questions, je préfère certaines pensées asiatiques, comme le Shōbōgenzō de Maître Dōgen, premier moine à avoir implanté le bouddhisme Zen au Japon.
C’est une approche de la méditation assise qui amène au « non-être » et donc à la complétude de ce que nous sommes. Bien sûr, je simplifie ! Ce sont huit volumes assez complexes, car il faut déjà comprendre la pensée asiatique, qui est fort éloignée de notre philosophie occidentale. Mais quelle richesse ! Quelle ouverture de l’esprit vers des contrées que nous n’envisagions même pas. Dans cette optique, il n’existe que ce que nous sommes. Les trois autre propositions inspirées par Paul Adler n’existent pas.
Il y a aussi le Traité des Cinq Roues de Miyamoto Musashi, grand épéiste et philosophe, qui peut nous expliquer que le Kendō (la voie du sabre), le Haïku-Dō (la voie de la poésie) ainsi que le Chadō (la voie du thé) ont la même origine et demandent la même condition mentale. Tout ce qui finit par « Dō » élève l’art et la pensée, en discipline philosophique.
Dans les Cinq Roues, la plus intéressante est la cinquième, le « non-agir », où le corps ne répond plus à la pensée. L’action naît spontanément. Bien sûr, pour en arriver là, il faut connaître les quatre premiers.
En Occident, la pensée Rose-Croix, bizarrement, est assez similaire à la pensée orientale. En tout cas, cette approche pour comprendre celui que nous sommes, ces réflexions orientales, nous fait réfléchir différemment et j’y suis très sensible.
D’ailleurs, je pratique le carrelage-do 🙂
Certes !
Les pensées asiatiques sont sûrement passionnantes, mais moi, je reste fidèle à la pensée cartésienne !
Ma culture japonaise est restée à la plus minimale, du niveau de l’école primaire avec Yamamoto kadératé et Kichi Bien Ho 😂
Ce qui est sûr c’est que je ne suis pas un agélaste !
Mon très cher Loki,
Quel drôle d’approche que de mettre en opposition la pensée asiatique et la pensée cartésienne ! Je ne suis même pas sûr de comprendre ce que tu veux dire. La philosophie asiatique existe depuis bien plus longtemps que la philosophie occidentale. Je trouve que, là en l’occurrence, tu manques d’ouverture d’esprit et de curiosité. Avant d’avoir un avis sur quelque chose, personnellement, j’essaie de comprendre de quoi il s’agit. Ensuite, je me fais une opinion. J’ai l’impression d’avoir affaire à un platiste ou aux juges de Galilée. Ton commentaire est condescendant mais je prends en compte le fait que tu n’es pas un agelaste. Je suis déçu quand même, car j’admire ta façon d’écrire, ton imagination débordante et ton courage de te mettre à la poésie.
Mon très cher Gilbert,
Je n’ai pas voulu être condescendant avec toi !
J’ai toujours admiré ton enthousiasme, et ton intérêt pour tous les sujets.
Je souligne ta disponibilité pour commenter le maximum de texte sur le site. Alors que certains se contentent de publier, sans prendre la peine de commenter les réalisations d’autres participants.
Je n’ai aucune raison d’être condescendant, car je me considère comme un « besogneux » de l’écriture.
Il n’est que de relire mes différents commentaires sur le site, il n’y a jamais de méchancetés et j’essaye au maximum de mettre en évidence les choses positives des textes que je commente.
Je reconnais que dans mon commentaire il y avait un humour de potache, je m’en excuse si tu penses qu’il était dirigé contre toi.
Je pense également que mon texte était purement philosophique et totalement étranger avec la pensée asiatique.
Je pense avoir le droit de ne pas m’y intéresser, car je suis parfaitement à l’aise avec moi-même, et je n’ai besoin d’aucune méditation de quelque nature que ce soit.
Je remarque en me relisant, d’ailleurs que j’ai employé de façon inappropriée le mot cartésien, je voulais parler uniquement de la pensée occidentale.
Je ne doute pas que tu auras compris ce que je voulais dire, et que j’ai de l’estime pour toi.
Ci-dessous un commentaire sur mes textes que m’envoie un ami !
Je pense qu’il illustre bien la diversité de points de vue sur le sujet et comme Gilbert il se penche sur la philosophie asiatique.`
j‘ai apprécié ton texte sur l’identité. Je pense également que notre unicité est la résultante des quatre dimensions que tu décris avec justesse. Par contre, j’ai une autre approche de notre identité. Quand on est jeune on pense que notre moi est immuable, invariant tout au long de notre vie.On a vite fait de se rendre compte que c’est une grossière erreur. Le temps ne travaille pas en notre faveur, il nous fragilise et nous dégrade imperceptiblement.En outre, notre identité varie en fonction des aléas de l’existence, en fonction des imprévus heureux ou non, des rencontres, de notre état de santé…Notre vie est non seulement éphémère mais instable, imprévisible.Il suffit d’un concours de circonstances pour modifier notre moi en profondeur.Les bouddhistes partent du constat que tout est éphémère, impermanent. Notre identité n’a donc aucune consistance, aucune permanence. La sagesse (bouddhiste) c ‘est de l’accepter. Quant à ta poésie sur ce sujet philosophique , elle souffre d’être en grande partie écrite en vers rimés. À force de chercher une rime, tu tritures la langue et l’ensemble devient flou et parfois risible…J’espère n’être pas trop sévère…
Allez, j’apporte ma modeste contribution à cette très intéressante discussion.
La question de l’identité ne me paraît pas essentielle, en cela je rejoins Hermano, d’abord parce que, comme le dit ton ami et toi-même en préambule, elle est évolutive et donc difficile à appréhender, avec toutes sortes de biais. Je connais peu Paul Auster, le peu que j’en ai lu me le rend très sympathique, mais je ne le suis pas sur ses quatre facettes de notre identité, j’éliminerais volontiers la première, ce que nous sommes “réellement”, car elle suppose qu’il y aurait un référentiel absolu auquel on (mais qui ?) se rapporterait pour en donner une définition purement objective. A mes yeux cela n’a pas beaucoup de sens car notre identité n’existe que par ce qui en est perçu, par soi-même ou par les autres, elle est essentiellement relative. A moins que l’on ne soit croyant et dans ce cas seul Dieu connaîtrait notre “véritable identité” “Attention je te vois!” et peut-être que nous approchons là la notion de péché, mais je m’égare.
Il y aurait tant à dire, entre ce que nous croyons être, c’est à dire la perception que nous avons de nous-mêmes et ce que nous souhaiterions être où se jouent les attentes morales et culturelles. notre identité se nourrit au monde dans lequel nous évoluons, plus ce monde est élargi plus notre identité s’enrichit, c’est pourquoi Gilbert avec sa soif de comprendre d’autres cultures, d’autres façons de se situer dans le monde ne saurait se tromper. C’est courageux, non au sens de la prise de risque mais au sens de l’effort intellectuel que pour ma part je ne fournis pas suffisamment, tout en sachant que nous avons beaucoup à apprendre et que nous ne pouvons nous ériger en modèle.
Vous l’aurez compris je me méfie un peu du concept d’identité, déjà au plan individuel et je vous laisse deviner ce que je pense de “l’identité nationale”…