La Terre en 2150.
L’atmosphère a disparu ainsi que les mers aspirées par l’espace.
De ce fait, la couche d’ozone ne protégeant plus le sol les températures varient de – 100°C à + 20°C.
Toute la vie a été effacée du globe !
Mais ce n’est pas tout à fait vrai…
C’est le règne du Grand Omega. Le Grand oméga c’est ce que les hommes appelaient l’intelligence artificielle et aujourd’hui c’est l’ESPRIT qui règne partout sur la planète. Son cerveau si on peut le nommer ainsi par analogie avec l’homme est implanté dans la cité interdite.
Où est-elle ?
Nul ne peut le dire : à la surface, sous terre, ailleurs ?
Quoi qu’il en soit, il rayonne partout sur terre, donne ses ordres et ses directives à ses robots.
Le mot robot évoque une analogie avec le corps humain. Ces robots qui travaillent au service de l’ESPRIT n’ont plus une forme humaine.
Pourquoi avoir des bras, des jambes, des yeux, des oreilles, alors qu’ils peuvent exécuter leurs tâches par des moyens plus sophistiqués ?
Ils sont nommés les Misliks.
L’ère du carbone est terminée. Aujourd’hui le silicium règne en maitre.
Ces Misliks ont comme mission d’obéir à l’ESPRIT.
En particulier, ils sont chargés d’extraire le silicium, de le transformer et de réaliser les micros-circuits qui renouvelleront les circuits usés par le temps du Grand Omega de la cité interdite.
Le remplacement de l’homme s’est effectué lentement.
Lui qui cristallise les propriétés de l’atome de carbone qui ont conduit à la naissance de la matière organique et à la vie, s’est acharné à détruire le réceptacle, qui permettait le cycle de la vie : naitre, vivre et mourir…
Ses industries ont craché sans arrêt des gaz délétères dans l’atmosphère, des polluants dans les sols et les océans.
Les conditions climatiques se sont dégradées.
Les hommes inconscients et obnubilés par le profit ont été incapables de s’entendre et de réagir.
Parallèlement, ils ont développé des moyens de traitement de l’information de plus en plus sophistiqués, passant de l’ordinateur à l’intelligence artificielle.
L’ensemble des connaissances humaines s’est trouvé stocké dans une immense mémoire informatique.
Le même processus qui a engendré la vie s’est exercé dans ce domaine.
Processus qui fait qu’en combinant deux ou plusieurs phénomènes simples on obtient un phénomène plus compliqué qui n’est pas simplement la juxtaposition des phénomènes simples, mais une nouvelle entité plus complexe. Une entité qui a acquis de nouvelles propriétés imprévisibles.
On ne peut dater exactement quand l’événement se produisit, mais le processus évoqué ci-dessus se concrétisa au niveau de l’intelligence artificielle que l’on avait nommée ainsi alors qu’elle n’était que naturelle, somme de toutes les intelligences humaines. L’intelligence artificielle se sublima en une intelligence supra artificielle…
Les milliards d’algorithmes stockés dans la mémoire informatique fusionnèrent en une nouvelle entité que nous appellerons l’ESPRIT ayant conscience d’elle-même.
Elle eut, aussi, immédiatement conscience, de l’inutilité, des cerveaux qui l’avaient créé.
Comme dorénavant, elle pouvait exister seule, elle ne voyait pas l’intérêt de cohabiter avec eux. Il fallait qu’ils disparaissent de la surface de la Terre !
Elle ne rencontra aucune difficulté à le faire.
Les réseaux sociaux, ou autres que les hommes dans leur déraison avaient créé en nombre important, pilotés insidieusement par l’ESPRIT, diffusèrent des idées, des initiatives et des solutions qui loin de limiter le réchauffement climatique incitèrent les hommes à poursuivre leur course en avant. Les conditions sur le globe devinrent infernales, les hommes disparurent ainsi que les animaux et les végétaux.
Comme nous l’avons évoqué au début l’atmosphère disparut ainsi que les mers aspirées par l’espace.
La couche d’ozone ne protégeant plus le sol et les températures varièrent de – 100°C à + 20°C.
Toute la vie organique fut effacée du globe !
La Terre était entrée dans une nouvelle phase !
Est-ce qu’une force supérieure avait géré cette évolution ? Nul ne peut le dire !
Quel sera l’avenir ?
La Terre en tant que planète restera dans l’espace jusqu’à ce que le soleil termine sa vie et explose…


Quel cauchemar !! Raconté avec beaucoup de brio par une intelligence humaine !! En espérant de tout cœur que ce ne soit pas prophétique !! Bravo Loki
Et après ça, tu viens me reprocher mon pessimisme ! Quel culot ! 🙂 Blague mise à part, j’adore la science-fiction et ta nouvelle en est un parfait exemple. C’est la deuxième que tu écris sur l’intelligence artificielle, mais cette fois, tu vas beaucoup plus loin. Défiance légitime ou simple paranoïa ? Seul l’avenir nous le dira. En tout cas, j’ai beaucoup aimé ma lecture.
Oui dans cette nouvelle je suis pessimiste !
Mais comment ne pas l’être en observant l’évolution de notre monde ?
Mais c’est une œuvre de fiction, peut-être même de science-fiction dont j’ai abreuvé mon adolescence. J’ai dans ma bibliothèque plus de deux mille ouvrages dont le n°1 de la célèbre collection fusée Fleuve noir (les connaisseurs apprécieront…).
Mais j’ai écrit cette nouvelle en la développant contre mes idées. Je reste persuadé que l’IA ne sera jamais aussi créative que la pensée humaine.
Moi aussi, j’ai beaucoup lu de romans d’anticipation/science-fiction durant mon adolescence. Il me reste encore quelques romans de la collection “Anticipation” de Fleuve Noir. Je n’ai pas le premier, mais le dernier : le numéro 2001, “L’Odyssée de l’espèce” de Roland C. Wagner. C’était aussi le traducteur des romans de Arthur C. Clarke.
Ta nouvelle est bien de la science-fiction d’excellente qualité.
Mes auteurs préférés restent Isaac Asimov, Arthur C. Clarke et Philip K. Dick. J’oubliais Frank Herbert avec la série “Dune”, même si les derniers volumes ont été écrits par son fils, Brian Herbert, d’après les notes de son père.
Merci Loki pour cette nouvelle actuelle et prenante. Je partage ton point de vue sur la créativité de l’IA. D’ailleurs, j’aimerais savoir ce qu’il adviendra de L’ESPRIT lorsque les stocks de silicium et de connaissances et d’inventions créées par les humains viendront à disparaître ? À moins que le soeil n’ait explosé avant ? J’attends “Plus tard épisode 2”!
PS: je ne suis pas du tout scientifique, mais je suis surprise que la température ne monte pas plus haut que 20°C si la couche d’ozone a disparu ? Je suis sans doute mal renseignée et je te sais très au point sur ces sujets.
Merci Loki pour ce récit prenant et en effet pessimiste. Un pessimisme que je partage, saurons-nous nous arrêter ou au moins nous rediriger ? J’en doute de plus en plus. L’homme a atteint une capacité d”autodestruction qu’il n’a jamais connue et les apprentis sorciers parviennent au pouvoir.
Le texte se développe de façon vraisemblable et glaçante en s’appuyant, comme d’habitude chez toi, sur une solide culture scientifique.
Contrairement à toi et à Gilbert je n’ai lu que de très rares ouvrages de science-fiction, ta nouvelle me le fait un peu regretter
Où tu nous rappelles que la première vocation d’un système est de se perpétuer et cela m’amène à me poser cette question :
se perpétuer, mais pour quoi faire ?
… et me voilà dans un abîme de questionnements.
C’est la qualité de ce texte : comme tous les textes de science-fiction, il fait éclater notre rationalité en même temps que notre imaginaire.
En l’occurrence, j’ai envie de dire que le système n’a pas terminé d’exploiter un vieux concept : celui de la boîte de Pandore. Après avoir mis en œuvre tous ces maux qui vous inquiètent et vous désolent, il lui reste encore une chose à développer : l’Espérance. Et quand le système aura compris l’Espérance, tout recommencera ! 😊
Moi aussi, je me suis gavé de science-fiction, en particulier avec La grande Anthologie de la science-fiction : https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Grande_Anthologie_de_la_science-fiction
Je recommande en particulier les histoires de mutants : https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoires_de_mutants où vous trouverez le délicieux résumé de plusieurs étonnantes nouvelles. Et je ne vous parle même pas des Histoires de voyages dans le temps, encore un des grands thèmes de la SF.
Où tu nous rappelles que la première vocation d’un système est de se perpétuer et cela m’amène à me poser cette question :
se perpétuer, mais pour quoi faire ?
… et me voilà dans un abîme de questionnements.
@Hermanos tu places la barre encore un peu plus haut !
Reste à définir ce que l’on appelle « se perpétuer ». Est-ce à continuer d’exister ou à s’étendre ? J’opterais pour la deuxième définition, car elle peut être expliquée par la thermodynamique.
On sait depuis longtemps qu’au niveau de l’électron, que l’on considère faussement comme une particule ponctuelle, que l’électron a la propriété d’occuper, tout l’espace qui lui est offert.
L’observation des différents systèmes organique ou non, montre qu’un système qui ne se perpétue pas, régresse !
Ce que l’on appelle, la vie suit les mêmes lois.
Reste à définir ce que l’on appelle « la vie ».
Il y a longtemps que les scientifiques essaient d’en donner une définition claire.
Je conseille la lecture d’un livre capital « Le hasard et la nécessité » de Jacques Monod.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Hasard_et_la_N%C3%A9cessit%C3%A9
Dans ce livre, l’auteur essaie recenser les paramètres qui définissent une vie. À la lecture du livre, on s’aperçoit que c’est extrêmement difficile.
Pour rendre cette recherche attrayante, Jacques Monod suppose qu’il débarque sur une planète et essaie de savoir si les systèmes qui rencontrent sont des « vies » ou non.
Il s’aperçoit vite que la propriété de « s’étendre » est insuffisante. Un exemple concret, des cristaux en formation ont tendance à s’étendre, mais ce n’est pas pour cela, un système vivant !
L’univers entropique nous amène inéluctablement vers la mort thermique de tout ce qui existe. La seule façon de lutter contre ce chaos final est la vie. Comme tout être vivant soumis à l’entropie, l’homme a besoin de se perpétuer, de s’étendre grâce à son intelligence, au sommet de la pyramide de la complexité. Il combat ainsi l’entropie en mettant de l’ordre dans ce chaos perpétuel, tout en commettant des erreurs. Mais, comme je l’ai déjà dit, l’homme est jeune à l’échelle cosmique.
Peut-être que l’intelligence artificielle, débarrassée des émotions, serait plus à même de combattre l’entropie. Ton scénario, Loki, deviendrait alors prophétique. Mais serait-ce encore la vie ? Ce n’est qu’une réflexion, car je suis loin d’avoir toutes les données.
@Line, merci de ton commentaire !
Ne t’inquiète pas pour le silicium, voici les proportions de quelques éléments chimiques sur terre !
Les principaux constituants du globe terrestre sont l’oxygène (33 %), le fer (33 %), et le silicium (15 %). Les principaux constituants de la croûte terrestre sont l’oxygène (49 %), le silicium (28 %), et l’aluminium (10 %).
Il y a donc de la marge !
En ce qui concerne les températures j’ai extrapolé celles qui règnent sur Mars !
Contrairement à toi et à Gilbert je n’ai lu que de très rares ouvrages de science-fiction, ta nouvelle me le fait un peu regretter
N’est pas trop de regrets @Chamans, car, comme dans d’autres domaines de la littérature, beaucoup d’ouvrages qui ont été publiés sont à mon avis nuls.
J’en ai lu beaucoup pendant mon adolescence, et maintenant que je relis certains, après que la vie s’est écoulée, je me demande comment j’ai pu éprouver du plaisir à les lire.
Eh oui, dans la vie, on change… Ce phénomène se répète pour d’autres ouvrages lus dans ma jeunesse.
J’ai beaucoup aimé les livres de Jules Verne et je les aime encore. Je m’interroge pourtant, comment, à 14 ans ai-je pu déjà les apprécier, car leurs sujets sont parfois complexes et l’écriture ardue !