L. Zlapět (Luboch pour les intimes) était d’origine tchèque. Il n’avait eu aucun mal à être embauché chez « Must and Must » à la sortie de sa prestigieuse école privée de commerce. Il n’avait pas eu besoin de « l’ascenseur républicain », son papa, un haut cadre dans l’industrie ayant financé la scolarité de son rejeton.
Le président de « Must and Must », A.Trapsou étant lui-même ancien de cette école de commerce, L. Zlapět trouva immédiatement chaussure à son pied. On lui confia le poste prestigieux de D.R.H., son patron ayant détecté chez lui l’absence de toute humanité, qualité qui est un “plus” certain pour cette fonction.
Un fonds de pension américain ayant racheté « Must and Must », celle-ci fut rebaptisée « Better and Better », A. Trapsou jugé trop mou fut remplacé par un manager, venu des States, G. Yves Money.
Bien que « Better and Better » ne soit pas une filiale de Unilever, L. Zlapět fut chargé de « dégraisser » l’entreprise. Il y réussit en moins de deux mois. Il reçut les félicitations méritées de la direction : 75 % du personnel licencié, 10 % mis en préretraite. Tous ces parasites sociaux ayant été remplacés par les machines efficaces et obéissantes.
Le jour suivant il recevait lui-même sa lettre de licenciement, ce qui est normal puisqu’il n’était plus d’aucune utilité…

