Elle jurait que de toute éternité l’arbre au fond du jardin avait abrité un elfe qui reposait, alangui, sur la branche la plus haute.

Elle affirmait que, les nuits d’été, ses ailes scintillaient dans le ciel étoilé où il virevoltait.

Elle assurait qu’il connaissait les secrets de la joie, que son rire résonnait comme un grelot jusque dans les branches dénudées au cœur de l’hiver.

Elle disait qu’elle l’avait approché de si près qu’elle connaissait son parfum doux comme une bouffée d’espérance.

Mais Grand-mère racontait beaucoup d’histoires. Et ils ne savaient pas, les petits assis dans l’herbe autour du fauteuil où elle était assise, s’il leur fallait réellement partir en quête de l’elfe dans l’arbre au fond du jardin.

Pourtant Grand-mère riait si souvent, chantait avec tant de force, sautillait avec tant d’enthousiasme dans leurs farandoles qu’il fallait bien que quelqu’un lui ait appris les secrets de la joie… parce que sa vie, hein, ils savaient bien que…

Pour sûr, elle avait rencontré l’elfe !

Demain ils iraient au pied de l’arbre au fond du jardin scruter le feuillage. Ils espéraient surprendre un froissement d’ailes, un rire, un chant, un murmure… Et cette idée-là, déjà, les faisait frémir de joie.

Grand-mère, elle, souriait de satisfaction.

 

Syllabe

Atelier de Villenave d’Ornon 30 juillet 2025