C’était un mardi.

En sortant de la journée portes ouvertes chez Porsche, le bon sauvage était remonté dans son 4×4 noir et avait jeté son grand sac de toile noir sur le siège arrière.

Depuis plusieurs semaines, le bon sauvage attendait ce jour-là.
Il avait rendez-vous avec Marie, chez elle. Elle l’avait invité à dîner.

Ses intentions étaient claires : il ne pensait qu’à coucher avec elle.

Ils dînèrent légèrement mais burent beaucoup. Beaucoup trop.
Le cendrier était plein de mégots dont certains portaient les traces du rouge à lèvres de Marie.

Quand ils furent nus, le bon sauvage commença à la caresser.

 

La peau de Marie était grise et un peu luisante, tout comme ses yeux. Elle ne disait rien, s’abandonnait aux caresses du bon sauvage, presque docilement.

 

Soudain, il s’étonna :

– Mais ton vagin est en acier inox !

– Oui, répondit doucement Marie, c’est pour cela que je suis vierge. Je suis la Vierge Marie. Depuis deux mille ans, j’en ai vu d’autres ! Ne t’inquiète pas, continue !

 

Le bon sauvage considéra la Vierge Marie avec beaucoup de perplexité. Puis, tranquillement, il se leva.

Il prit son grand sac de toile, en sortit une terrible machette et trancha net la carotide gauche de Marie avant de dévaler l’escalier.

 

Marie ne s’étonna pas trop. Depuis tout ce temps, cela lui était déjà arrivé. De toute façon, elle était immortelle.

Elle se releva et se dirigea vers la chaîne stéréo pour mettre son morceau préféré : du Schubert.

 

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