Il faut croquer le végétal brut à pleines dents
Et ingurgiter son jus âpre et tannique qui décape les muqueuses
La force sauvage de la chlorophylle et de la sève nous fait embrasser la touffeur botanique.
Multiplication des cellules.
Photosynthèse.
Stratégie d’étouffement.
Partout, le vert croît et s’impose comme le fond de notre réalité.
Sa présence devient une absence et un manque.
Une bouffée de cette essence entêtante nous fait survoler le monde.
Nous sommes l’aigle qui plane au-dessus de la forêt d’émeraude
Sa palette variée entraîne notre esprit
Vers les plaines ouvertes du bonheur
Ou vers les sombres forêts de l’introspection.
Les herbes folles des riantes collines du pays de nos songes
Le cri d’une Banshee dans le pays du trèfle.
Souviens-toi, c’est bientôt l’heure !
Avec le vert, l’aventure rêvée ou vécue n’est jamais loin et nous appelle.
Il y a urgence à vivre le vert

BARLOY ton texte propose une immersion sensorielle et presque physique dans la puissance du végétal. Par des images crues et instinctives (« croquer le végétal brut », « jus âpre »), tu transformes la nature en une force sauvage et dominante qui prend possession de notre esprit. Ton poème oscille avec brio entre l’énergie organique du vivant (la chlorophylle, la photosynthèse) et un imaginaire foisonnant, balançant entre la lumière des plaines et l’obscurité des forêts d’introspection. C’est un appel vibrant, urgent et presque chamanique à renouer avec l’état sauvage.
Moi je n’oublie pas que sans les végétaux les animaux n’existeraient pas sur la Terre. Ce sont les microorganismes vivants il y a des millions d’années sur Terre dans des conditions extrêmes qui ont agi sur le monde minéral pour rejeter du gaz oxygène, déchet de leur métabolisme. Ce gaz oxygène a généré notre atmosphère et nos océans. Nous les animaux à sang rouge qui assimilons l’oxygène grâce à l’hémoglobine pouvons remercier ces lointains ancêtres.
Depuis que je sais cela, je suis plus prévenant avec mes géraniums.