Tourbillon d’aquarelle sous la lune dansante,
Mélodie de couleurs de nos âmes absentes.
Danse de perfection aux allures guerrières,
Comme un Haka de rêve, pour braver les frontières.
Douceur d’un temps ancien, plein de jeux et de rires,
Le monde, maintenant, n’est qu’unifié délire.
Sur des charbons ardents, j’avance à grands pas,
Hardiesse de peur, mais prêt pour le combat.
Destinée amorale, qui ne laisse aucun doute,
Les boucliers levés, on espère, on redoute.
La rage obscurcit souvent la réflexion,
Un seul chemin jaillit : la détermination.
Le combat est bien là, le mythe de Sisyphe,
Du matin jusqu’au soir, un destin corrosif.
Que nos pas nous entraînent encore un peu devant,
Où donc est la vraie vie, et où vont nos enfants ?
Il n’y a plus d’honneur, de parole donnée,
Il n’y a que la soif, le besoin d’exister.
Se voir dans le miroir, c’est détourner les yeux,
Car on sait, on redoute, le châtiment des cieux.
On se fout du voisin, de sa vie, de son chien,
On se voit, nous, le centre des autres comédiens.
Le nombril en avant, on sait que l’on a tort :
Les autres le font bien, alors moi, d’abord.
Mais il y a de l’amour et de la compassion,
Tout n’est pas à jeter, tout n’est pas illusion.
On connait des cœurs purs, des œuvres à méditer,
Des biens intentionnés, qui nous donnent des clés.
Des croyants, des athées, qui nous font espérer,
L’empathie toujours là, qui nous permet d’aider.
Croire encore à ce lien, et faire ce que l’on peut,
Se lier d’amitié avec les malheureux.
À plusieurs, on est fort, on est plus audacieux,
Le Haka impressionne les plus impétueux.
Alors danse et frissonne pour être victorieux,
Car l’union de nos âmes brûle plus fort qu’un feu.
Demain, je serai là, vainqueur ou bien vaincu,
La fin inéluctable est au bout de ma rue.
Je préfère laisser souvenir bras levés,
que la tête baissée et les yeux embués.
Gilbert

Quel pessimisme dans ce poème !
Je le ressens désagréablement ! La situation actuelle est assez désespérante, aussi, je n’ai pas besoin d’un tel poème, pour rajouter de la noirceur à la noirceur…
Pardon, Gilbert, mais j’ai surtout besoin de rire et de croire en la vie.
Je te remercie pour ton commentaire Loki. Je ne pensais pas faire un poème aussi pessimiste. J’imaginais une manifestation où tous les manifestants feraient un haka devant la police. Je pense que cela les surprendrait !
Même si quelques passages demeurent encore un peu opaques pour moi, je sens dans ce poème une pulsion, la même que celle qui habite la plupart de tes textes. Et j’adhère moi aussi à ce que tu exprimes ici. Pour moi, d’abord comme une rage d’impuissance, un constat d’échec, qui se muent ensuite en une sorte d’embellie avec cette soif d’y croire encore.
Je crois comprendre ton mode d’écriture “spontané”, voire pulsionnel, comme je le disais plus haut.
C’est ce qui fait la force et l’impact de ce texte mais aussi certains aspects opaques pour moi.
Je pense que l’auteur ressent profondément certaines choses et les mots qui lui viennent coulent et collent à ces ressentis mais, comme on dit “cela m’interpelle”, cela m’interroge, comme parfois dans certains poèmes surréalistes. Je ne qualifierais cependant pas du tout ce texte de surréaliste, bien au contraire il me paraît parfaitement ancré dans le réel.
@Loki : si tu veux rire avec le haka, je recommande le haka écossais de William Lawson. Tu connais probablement déjà, mais je ne m’en lasse pas !
Et le “Tanka”, vous connaissez ? Un bel exercice de style !
Merci Hermano pour ton commentaire. Effectivement, je termine ce poème sur une note d’espoir et de détermination.
En fait, lorsque j’écrivais, j’ai eu le sentiment d’être encore sur le terrain. Comme dans un état second, j’ai ressenti cette solidarité intrinsèque au rugby, cette confiance en tes coéquipiers qui va bien au-delà du simple fait de jouer ensemble. D’ailleurs, nous nous retrouvons encore tous les deux ans pour des troisièmes mi-temps mémorables, même après 60 ans passés.
Quant à l’opacité de certains vers, ils restent obscurs même pour moi ! Peut-être que sous hypnose, je pourrais les expliquer. 🙂
PS : Je pense, Hermano, que tu connais l’espagnol. Je te propose d’écouter sur Youtube un groupe espagnol de symphonic métal ( attention ça déménage !) dont les textes me transportent. LA DAMA NEGRA.
Décidément Gilbert nous voici encore associés !
Ton poème m’apparait comme un cri du coeur. Une frustration d’amour réfugié dans le passé mais qui ne demanderait qu’à renaître. Ne perdons pas espoir.
J’ai beaucoup aimé ton entame :
Tourbillon d’aquarelle sous la lune dansante,
Mélodie de couleurs de nos âmes absentes
Merci beaucoup pour ton commentaire, Chamans ! C’est drôle, la première fois, c’est le hasard, la deuxième, une coïncidence, mais la troisième… Je crois vraiment que l’algorithme “similaire” a décelé un lien entre nous, une façon de penser qui nous est commune, et ça me fait très plaisir. Quand j’ai commencé à poster des textes ici, je n’osais presque pas. C’est grâce à vos commentaires que j’ai pris confiance et que je me sens maintenant totalement à l’aise.
J’adorerais savoir ce que tu as compris des deux premiers vers si tu as aimé. J’aime l’aspect poétique mais je ne comprend pas le sens. Il se peut qu’il n’y en ai pas. Juste la mélodie des mots. C’est l’autre qui dicte. C’est une histoire qui m’arrive souvent : j’étais sur le point de m’endormir quand ils me sont apparus. J’ai dû me lever en vitesse pour les noter, et la suite est venue sans effort. D’ailleurs, c’est un peu frustrant de devoir patienter pour publier d’autres textes, j’en ai plein en stock !
@Gilbert :
– La Dama Negra : j’ai trouvé les textes vraiment poétiques, par contre je ne suis pas fan de la musique.
– Tiens, si tu veux t’amuser avec les langues vivantes, tu disposes en bas à gauche de chaque page de ce site d’un traducteur gracieusement offert par Google. C’est vrai (au moins pour moi !) que traduire un texte dans une autre langue lui apporte souvent une “coloration” intéressante.
Remolino de acuarela bajo la luna danzante,
Melodía de colores de nuestras almas ausentes.
Danza de perfección con encanto guerrero,
Como un Haka de ensueño, para desafiar las fronteras.
… …
Salut Hermano,
Je suis content que tu aies écouté “La Dama Negra”. C’est vrai que la musique rock métal gothique symphonique peut être difficile à apprécier quand on n’y est pas habitué.
Personnellement, j’ai été surpris par les textes. Je me demande d’ailleurs si tout n’est pas généré par une intelligence artificielle, car j’ai cherché des informations sur la chanteuse, le compositeur et les musiciens, mais je n’ai rien trouvé. Même sur leur site, il n’y a aucune information.
Sinon, mon poème en espagnol m’a surpris aussi. C’est pas mal du tout. J’aurais peut être mis bailando à la place de danzante.
Merci pour ce cadeau !