Directeurs de centres , d’écoles
Que je croisais tous les matins
Bienveillante ou pas
Le verdict est le même
Que je saluait bien gentiment
Avec tous les potes , les réunions d’équipe
Même quand tu m’as dit
que je cherchais ma classe
Je veux simplement te dire que l’erreur
C’est juste que j’étais dans ta team
Système , structure , posture
Et de votre morale à deux balles
Car aucun chien ni même ta mère
Ne méprisera son prochain
derrière son burlingue, tranquille posée
A part peut-être, toi Monsieur le Directeur
Que toi qui me dit tu quand ça t’arrange
Que tes mots si bien tournés
Je trouve ça bien étrange
Mais dans le taf il y a pas d’amitié
On me dit je suis pas assez qualifiée
Lorsque tu crois que je sors le pognon
Pour payer ta formation
Dans mon porte feuille bien vide et bien troué
Je pense que t’as pas réalisé
Ces dessins d’enfants que tu oses afficher
Remplis de coeurs et de trucs qui sont pas vrais
Je suis pas assez structurée , je suis perdue
Y a pas de vérités plus balancées
Aussi larges que ton pouvoir
Y’a pas de bonne femme ou de mec
Plus con qui cherche pas à savoir
Y’en a pas plus partout qu’ailleurs
A part, bien sûr, Monsieur le Directeur
Mec je t’en veux, toi et ta complice
Parce que maintenant et demain
Tu resteras sur ton piédestal
Et moi remplacée
Pour une maladresse,
une trousse rose oubliée
Ou pour un gosse malade,
une croix pas bien cochée
ceux qui croient que je peux pas
Aucun dirlo n’est assez con à part bien
sur Monsieur le Chef
Directeur, je t’en veux,
Parce que tu dis bien les choses en face
Tu restes droite derrière ton bureau,
Pendant que moi je suis malheureuse
Sans que ça mouille tes petits yeux noirs
Avant de partir en vacances
J’ai pas su gérer, j’ai pas su trouver ma classe
Ça laisse pas de traces dans ton stylo bleu,
Ça tache pas tes jolies notes bien rangées,
Mais ça nous abîme, nous, dans les coins de la cour.
Parc’que dans cette salle, à la cantoch
Y avait des trucs que tu voyais pas bien
Des vérités qui font mal
Mais moi je voulais rester
Des crayons de couleur et des tables mal rangées
Parc’que tes yeux, un peu aveugles,
Ils ont vu ce qu’ils voulaient voir
J’étais pas dans ta team
Et voilà assise dans ton bureau
J’ai tout pris dans la face
On te renouvellera pas
c’est comme ça
Pas une chance de plus
On va écrire au supérieur
C’est pas de mon cerveau
Qu’est sorti la méthode
Et pas un directeur n’a sur la conscience
Le chagrin d’une femme
Les gosses, les mômes, et surtout les enfants,
Ils racontent la vie avec leurs grands dessins magiques.
Ils témoignent sans discours, sans diplôme, sans leçon,
Que parfois un peu de création,
Ça vaut toutes les postures du monde et vos préjugés
Dans cette putain de mentalité
Où les meilleurs sont toujours devant,
Où ça bluffe pour exister
Et où les grands jugent avant de penser
Y’a pas une femme pour nous accabler,
Pas une pour nous juger méchamment,
À part peut‑être… monsieur le Directeur
Qui remet les pendules à l’heure doucement.
Directeur je t’aime… un peu, enfin,
Pour ta franchise qui claque comme une vieille porte
Pour ton savoir appris dans les plus grandes écoles
Quand la force se mesure dans les pognes,
Pas dans les cris, pas dans les couronnes,
Juste là, dans la cour d’une école,
Où les gamins apprennent à devenir des hommes sans violence,
Et des femmes sans silence.
Et quand viendra le jour
Où je pourrai enfin te le prouver,
On jouera aux maths, au français,
Comme deux gamins qui veulent se dépasser.
On fera la course aux idées,
À celui qui grimpe le plus haut,
À celui qui décroche le diplôme
Avec un peu d’oseille ça devrait le faire
Moi, je me transformerais en poteau,
Juste pour rester planté devant ton portail.
Et comme pancarte,
*J’afficherais simplement : « Merci Monsieur le Directeur ».
