Dans ce pays, tout danse à l’envers,
Le vrai se travestit, le faux est sincère.
Les menteurs ont des trônes, des palais dorés,
Les honnêtes s’effacent, bâillonnés, brisés.
Les mots n’ont plus de poids, ils flottent, ils glissent,
Ce qui hier était crime, aujourd’hui est justice.
On crache sur l’éclat d’un esprit trop vif,
Mais on couronne les rois aux discours fictifs.
Regarde-les, ces ombres haut placées,
Vides d’idées, pleines de vanité.
Ils parlent, ils rient, ils tranchent, ils jugent,
Sans rien comprendre aux lois qu’ils infligent.
Le savant attend, le génie mendie,
Pendant que l’imbécile réécrit la vie.
Là-bas, on récompense l’ignorance féroce,
Et on punit la lumière d’une pensée trop forte.
Tu sais trop de choses ? Alors tu déranges.
Tais-toi, baisse les yeux, change de langage.
Ici, l’esprit libre est un criminel,
Un traître, un fou, un rebelle infidèle.
Oh, comme ils brillent, les imposteurs !
Comme ils jouent bien leur rôle d’empereur !
Ils rient en privé de leurs propres discours,
Mais exigent qu’on y croie sans détour.
Le peuple s’incline, le peuple encaisse,
L’espoir se dissout dans l’oubli des promesses.
Ils chantent la réussite, la gloire, l’essor,
Mais seuls leurs comptes en banque prennent de l’essor.
Ici, la vérité a changé de visage,
Elle rampe, elle tremble, elle vit en otage.
Le mensonge, lui, trône en habit royal,
Fêté, applaudi, indélogeable.
Et quand l’horizon semble enfin s’éclaircir,
Qu’un juste s’élève, prêt à agir,
On le traîne dans la boue, on le salit,
On l’accuse, on le brise, on le détruit.
Ainsi tourne la roue du grand théâtre,
Les rôles s’échangent mais l’histoire s’attarde.
Les rois restent rois, les esclaves se taisent,
Dans ce pays où le mensonge est la règle.
Mais un jour, peut-être, un vent soufflera,
Balayant la cendre, effaçant l’état.
Et sous les ruines du règne inversé,
Renaîtra enfin la vérité.

On ne saurait mieux dire !
L’actualité t’inspire Tounkara.
Dur quand même de ne pas désespérer…
Rien de nouveau, hélas, Tounkara !
L’invention d’Internet a permis de mettre en évidence toutes ces déviances, mais aussi d’aider la propagation des idées fausses !
Alors qu’autrefois les idées émises, par un crétin au bar d’un café, restaient confinées dans l’établissement, maintenant aujourd’hui, ce même crétin, peut d’une façon aisée et rapide émettre ses idées fausses. Lesquelles idées sont gobées et reprises par un grand nombre d’internautes.
C’est ainsi que le complotisme à pignon maintenant sur rue ! Quand des scientifiques essaient de montrer où est la vérité, le complotiste devient un martyre. Et on le sait de toute éternité un martyre, à toujours raison !
Les gens sensés ne pourraient qu’en rire ! Mais quand un sinistre internaute par exemple propose de la poudre de perlimpinpin pour soigner un cancer, il n’est plus question de rire…
Les algorithmes sont écrits pour faciliter et transformer les mensonges en vérité. Pourtant, des millions d’erreurs ne constituent pas une vérité !
Aujourd’hui, si ! Mais que faire contre cet immense filet qui enserre les informations sur notre planète ?
Depuis toujours l’argent était la vérité. Tout s’achète, il suffit d’y mettre le prix. Aujourd’hui, il continue de sévir sous la forme de lobbies qui corrompent nombre de politiques.
On ne saurait mieux dire !
L’actualité t’inspire Tounkara.
Dur quand même de ne pas désespérer…
Je suis dans le même état que Chamans, mais je crains qu’avec la floraison actuelle de dictateurs comme Tump, Poutine, etc. tout ne soit pas perdu…
Dans la dernière strophe, un espoir qui je l’espère en sera pas déçu. On appelle ça “Le Grand Soir”, mais jamais il ne vient.
Je me demande seulement pourquoi on en est arrivé là et surtout ce qu’il faudrait faire.
Merci pour me pousser, avec ce poème, à une petite réflexion philosophique qui m’a fait penser au “Discours de la servitude volontaire” d’Etienne de La Boétie ou, pourquoi pas, au beaucoup plus récent “La soumission librement consentie” de Joule et Beauvois.