Trop souvent, j’ai cru aux belles paroles de ceux qui les prononçaient sans une once de sincérité, le regard vide, les mots aussi insignifiants qu’une promesse enfantine brisée. Mais il y avait cette assurance et cette illusion dénuée de vérité que je ne voulais pas affronter, non pas par peur, mais par déni. Le déni de perdre quelque chose qui n’existait même pas, mais qui me faisait sentir spécial, alors que je n’étais rien, rien sans leurs mots, qui avaient pour but de se poser sur mes lèvres, mais jamais sur mon cœur.
Mon cœur, aussi vide que leurs paroles lassantes et outrecuidantes, qui chatouillaient mon ego gonflé d’air, qui ne valait rien, à part peut-être un peu d’arrogance inconsciente ou de vanité feinte.
Tes paroles, celles que tu as prononcées ce soir-là… Si seulement elles étaient comme les autres, si seulement elles ne m’avaient pas affecté comme les paroles anodines que j’avais l’habitude d’entendre. Oh non, ces mots se sont accrochés à mon âme, à tout ce qui restait de beau et de lumineux en moi, et qui a cessé de briller aussitôt que ces mots ont quitté tes lèvres pour plonger en moi.
Je mentirais si je disais que je n’y repense pas. Tu ne m’as pas touché, tu ne m’as pas violenté ni poussé, mais pourtant, je ressens chaque jour tes paroles comme un coup, comme une plaie ouverte, impossible à faire cicatriser.

