D’errance incertaine, en stupide violence,

Chacun a sa pudeur, conscient de l’ignorance.

Livrés à la vulgate, nos vies empoisonnées

Par le trop et l’excès, par l’envie d’être aimé.

Sombres êtres déchus, des valeurs ancestrales,

Aux ombres interdites, devant les cathédrales.

Nouveaux dogmes pourris, sans vérité, sans Dieu,

Laissant moisir dedans, et dehors, sans les yeux.

De déchéance vaine, plaidoirie du néant,

Cherche encore Roxane, Cyrano dans le vent.

Hiéroglyphe de vie, on n’comprend plus rien,

Où donc est l’harmonie, avec l’os du chien ?

Je parle et je m’exprime, quelle perplexité !

Je préfère mes rimes encore à négocier.

Archétype primal du moi le plus profond,

Cet être prisonnier dont je n’connais le nom.

Recherchant la maîtrise du sens de ma vie,

Je suis à la dérive sans le péché d’envie.

La motivation vive du temps où j’étais bien

Celle qui me harcèle, qui me prend et me tient.

Orage dans les nuages qui ne me mouille pas,

Je me fous des sondages, que je n’comprends pas.

Que reste-t-il encor à savoir et comprendre,

D’un système en roue libre qui ne fait que nous prendre ?

Le monde qui s’effondre, et qui nous fait trembler,

Il nous fait vivre et croire, sans qu’on puisse douter.

Il y a le chaos, on se retrouvera

La force de l’espoir, on se relèvera

De l’éclat du désir, qui n’est qu’une illusion,

Je persiste et je signe, c’est mon indignation.

Quand la révolution, quand l’éveil des gens…

Je suis dans la matrice et j’en suis bien conscient.

Ce chaos qui nous prend, nous donne le vertige

Je cherche l’harmonie, je fuis ce qui me fige

Une vieille chanson comme un cri dans le vent

Pour ne pas oublier la valeur du temps.

                                                                 Gilbert