Ma voix, ma voix, où est passée ma voix ?
Je ne sais plus, je ne sais pas, pourquoi elle n’est plus là.
Elle m’avait tout donné, le bonheur d’exister,
Et puis elle est partie, me laissant démuni.
Ma voix, ma voix, où est passée ma voix ?
Sans elle, je ne sais pas où me mènent mes pas.
Elle m’aidait à tout dire, mes douleurs sortir
Avec une chanson, d’une belle façon.
Ma voix, ma voix, où est passée ma voix ?
Celle en qui je croyais, qui m’avait tout donné.
Je chantais mes blessures et soignais mes fêlures,
Elle me donnait la joie quand je chantais pour toi.
Ma voix, ma voix, où est passée ma voix ?
Un autre chantera, ce ne sera plus moi.
Les mots de mes chansons, vont pouvoir exister,
Pour dire qui je suis, en toute liberté.
Ces poésies chantées ne sortiront jamais,
prisonnières enfermées, dans ma gorge fêlée.
Je ne chanterai plus, attendant le salut,
Les entendre chanter, m’apporte un peu de paix.
Gilbert

Je n’arrive pas à séparer les strophes par un interligne !
Mais il y a un interligne entre chaque strophe !
Merci Loki. J’y suis finalement arrivé et j’ai supprimé le commentaire. Tu as été trop rapide !
Gilbert ton texte est une lamentation poétique sur la perte de la voix d’un chanteur, qui exprime sa profonde détresse et son égarement face à cette absence. La voix était essentielle à son identité, lui permettant d’exprimer ses joies, ses douleurs, et de chanter ses émotions. Bien qu’il reconnaisse que ses chansons et poésies pourront être interprétées par d’autres et continuer d’exister, le chanteur est désormais incapable de chanter lui-même, se sentant emprisonné et démuni. Il trouve un faible réconfort en écoutant les autres chanter.
Ah ! Que je connais cette frustration de ne pouvoir chanter ses propres chansons !
A la différence que pour moi ce ne fut jamais possible, je n’ai jamais su exercer cet art.
Quelle volupté j’imagine que de pouvoir chanter son amour… à son amour !
“Elle me donnait la joie quand je chantais pour toi.”
Les chansons savent dire le regret des choses perdues.
Merci Gilbert
Je reviens vers ce texte que je ne savais pas trop commenter car je le trouvais à la fois sensible mais sans vraiment en comprendre les ressorts, mais aussi très triste et crépusculaire. Alors, je n’osais pas, je pense de peur de me tromper.
J’y reviens maintenant à la lumière de ton commentaire ci-dessus et aussi de tes remarques et conseils à Chamans sur l’écriture de paroles de chansons.
Dès ma première lecture de ce texte, j’ai été “accroché” par un vers particulier : “Celle en qui je croyais, qui m’avait tout donné“. Un vers que je trouvais effectivement profondément triste d’une part, et dont le rythme, la musique, m’étaient et quelque sorte familiers, d’autre part.
Et puis j’ai rapidement trouvé ce à quoi cela me faisait penser : une chanson de Léo Ferré “Avec le temps“, excuse moi du peu !
“L’autre en qui l’on croyait, pour un rhume pour un rien“…
Et j’ai relu le texte de cette chanson en comprenant encore mieux tes conseils à Chamans, en particulier à propos des alexandrins coupés en deux !
Mais c’est évident, comme tu as raison !
Alors, j’apprécie encore davantage le texte à partir de tout cela, de ton histoire personnelle et de tes conseils d’écriture de chansons.
Pourtant, j’avais deux bons amis, elle et lui docteurs en Lettres – respect – (au Chili et en Turquie), à qui je disais que pour mieux apprécier un texte j’avais besoin de savoir d’où il venait, qui en était l’auteur, et pourquoi il avait écrit cela.
Tous les deux m’affirmaient au contraire qu’il ne fallait pas savoir, que le poème se suffisait à lui-même, sans explication nécessaire.
Ils avaient dû apprendre cela à l’école des écrivains ! (Et d’ailleurs Neruda ne disait-il pas que de demander à un poète d’expliquer ce qu’il avait écrit, c’était comme de demander son âge à une femme !)
J’avoue que depuis, je continue de me poser cette question que je te livre ici… Avaient-ils raison ?
Je te remercie, Hermano, pour ce commentaire.
Effectivement, on peut se poser la question. Pour ma part, je pense que comprendre et connaître l’auteur peut apporter une émotion, voire une empathie supplémentaire.
Je vais te donner un exemple d’actualité : prends la dernière chanson de Kenji Girac (écrite par Vianney). C’est une réponse au fait divers que la presse nous a imposé pendant plusieurs mois. Bien que je respecte sa voix, les chansons de Kenji sont loin d’être ma tasse de thé. J’ai pourtant apprécié celle-ci, et j’y ai ressenti de l’empathie.
Le statut de la poésie en chanson
En ce qui concerne la poésie pure, j’avoue que je ne sais pas. Une chanson n’est pas de la « vraie » poésie. On peut mettre de la poésie en chanson, mais lire un texte de chanson sans sa musique, si les paroles n’ont pas été écrites dans un but intrinsèquement poétique, n’a pas grand intérêt et peut même devenir ridicule. (J’ai en tête la chanson de Van Halen, « Jump », comme contre-exemple).
Je crois aussi que c’est une question de talent.
Pablo Neruda, avec son approche, semble demander au lecteur d’adapter sa lecture à sa propre émotion et à sa propre intelligence, ce qui pourrait rendre sa poésie élitiste. Demande à un Français moyen qui est Neruda et tu n’auras pas beaucoup de réponses. Demande qui est « Tata Yoyo » et tout le monde te répondra Annie Cordy.
Je crois foncièrement qu’aujourd’hui, si la poésie veut perdurer, elle doit passer par la chanson. Baschung, Benjamin Biolay, Julien Doré, Abd al Malik et Oxmo Puccino en sont des exemples. Et bien sûr Francis Lalanne.