Tourbillon d’aquarelle sous la lune dansante,

Mélodie de couleurs de nos âmes absentes.

Danse de perfection aux allures guerrières,

Comme un Haka de rêve, pour braver les frontières.

 

Douceur d’un temps ancien, plein de jeux et de rires,

Le monde, maintenant, n’est qu’unifié délire.

Sur des charbons ardents, j’avance à grands pas,

Hardiesse de peur, mais prêt pour le combat.

 

Destinée amorale, qui ne laisse aucun doute,

Les boucliers levés, on espère, on redoute.

La rage obscurcit souvent la réflexion,

Un seul chemin jaillit : la détermination.

 

Le combat est bien là, le mythe de Sisyphe,

Du matin jusqu’au soir, un destin corrosif.

Que nos pas nous entraînent encore un peu devant,

Où donc est la vraie vie, et où vont nos enfants ?

 

Il n’y a plus d’honneur, de parole donnée,

Il n’y a que la soif, le besoin d’exister.

Se voir dans le miroir, c’est détourner les yeux,

Car on sait, on redoute, le châtiment des cieux.

 

 

On se fout du voisin, de sa vie, de son chien,

On se voit, nous, le centre des autres comédiens.

Le nombril en avant, on sait que l’on a tort :

Les autres le font bien, alors moi, d’abord.

 

Mais il y a de l’amour et de la compassion,

Tout n’est pas à jeter, tout n’est pas illusion.

On connait des cœurs purs, des œuvres à méditer,

Des biens intentionnés, qui nous donnent des clés.

 

Des croyants, des athées, qui nous font espérer,

L’empathie toujours là, qui nous permet d’aider.

Croire encore à ce lien, et faire ce que l’on peut,

Se lier d’amitié avec les malheureux.

 

À plusieurs, on est fort, on est plus audacieux,

Le Haka impressionne les plus impétueux.

Alors danse et frissonne pour être victorieux,

Car l’union de nos âmes brûle plus fort qu’un feu.

 

Demain, je serai là, vainqueur ou bien vaincu,

La fin inéluctable est au bout de ma rue.

Je préfère laisser souvenir bras levés,

 que la tête baissée et les yeux embués.

 

                                                           Gilbert