Je les voyais partir sur des routes bien droites,
Certains de leur parcours, avec de l’assurance.
Moi, je ne voyais rien, les pieds et les mains moites,
Le doute dans le cœur, l’esprit en dissonance.
Je lisais beaucoup trop, loin de la réalité,
Mes lectures étaient vraies, mes journées étaient rêves.
Mon père m’a donc dit : « Tu vas prendre la pelle,
Tu vois ce tas de sable ? Je veux que tu l’enlèves.
Œuvre dans le silence et ne te plains jamais. »
Mais ma soif de savoir était grande, immense.
Comment lire encore, lorsque on est fatigué ?
On s’endort épuisé, une page en errance.
J’ai voulu prendre alors un chemin de traverse,
Trouver un équilibre entre ces deux options.
Ce chemin est sur terre, sujet à des averses,
Alors j’ai attendu, cherchant la solution.
Et en prenant de l’âge, je n’étais plus le même.
Tellement soif des livres, déshydraté des mots,
je pris la décision, de faire ce que j’aime,
D’accepter le défi, même avec mes défauts.
J’ai recherché Calliope, j’ai pris de la hauteur.
Avec sincérité, toujours un peu rebelle.
Je voyais beaucoup mieux, sans soucis et sans heurts.
Laissant courir mon âme, là, sur la passerelle,
écoutant les conseils, corrigeant mes erreurs.
Plus de murs, plus de boue, grâce à la passerelle.
Gilbert

Bravo de lire, même quand tu es fatigué ! La lecture est la seule façon d’avoir à la fois de la culture et d’enrichir son vocabulaire ! Les écrans et les banques de données si facilement accessibles sont un piège pour le cerveau qui s’atrophie faute de travailler, comme les muscles qui se sclérosent faute de mouvements.
Les technologies modernes enrichissent et font progresser la société, mais parallèlement sédentarisent les esprits des individus. Ils sont devenus incapables de vivre seuls comme les hommes préhistoriques.
Continue de prendre un chemin de traverse, c’est une richesse d’être différent !😎
Que Calliope guide tes pas.
Moi ma muse c’est Clio et je suis affamé parmi tous les adeptes de Calliope.
Comme la sœur Anne pour l’instant je ne vois rien venir…
Une coquille à corriger : On s’endort épuiser–> On s’endort épuisé
Merci Loki pour ton commentaire. J’ai corrigé ma coquille, merci de me l’avoir signalée. Il est possible que Clio ait pris des vacances. Je ne me fais pas de souci, elle reviendra bientôt.
J’avais envisagé d’écrire sur la naissance d’une idée (qu’elle soit politique, religieuse, économique ou autre), sa croissance, et comment elle devient un dogme, puis pratiquement une institution. Mais en faire un poème me paraît insurmontable. Peut-être une nouvelle ? Je n’en suis pas capable. Si le cœur t’en dit…
Gilbert tu mets la barre bien haut.
C’est intéressant !
Mais je crains qu’une nouvelle soit bien courte pour développer l’évolution que tu proposes….
J’ai aimé cette confession que je trouve vraiment sensible. Clair, bien exposé, et pourtant poétique. Bravo !
Une mention pour “les pieds et les mains moites“.
Je trouve que tu traduis très bien cet sorte de grand écart qui peut exister – mais pas forcément – entre rêve et poésie d’un côté et occupations concrètes et alimentaires d’une autre. J’ai adoré trouver cela dans ce texte, mais je ne suis pas sûr de ne pas me tromper.
En l’occurrence je ne trouve moi-même aucune opposition entre ces deux types d’activités mais plutôt une belle complémentarité.
Pour avoir travaillé en usine à la chaine, je crois pouvoir comprendre ce que tu exprimes ici et, par ailleurs, cela me rappelle, lors d’un job d’été dans un garage, cet ouvrier tôlier qui nous récitait régulièrement des verset du Coran, bien que n’étant pas musulman lui-même.
P.S.
Gilbert, si tu as envie d’écrire sur “La naissance d’une idée“, tu peux aussi choisir de publier cela dans la rubrique “Essais” ou “Discussions”.