Au détour d’un chemin, pas de pierre ou de terre,
un chemin de papier où je cueillais des vers,
je croisais une idée, une entité abstraite,
qui soudain s’approcha et entra dans ma tête.

« Que fais-tu de ta vie, où te mènent tes pas ?
Pourquoi cette douleur qui ne te quitte pas ?
Que cherches-tu encore et pourquoi ces questions ?
Tu sais que les réponses jamais ne te viendront.

Et pourtant, te voilà à vouloir l’absolu,
sans cesse torturé, mais jamais abattu.
Tu as lu bien des livres, des ouvrages puissants,
qui n’ont fait que te perdre dans l’esprit d’autres gens.

Cherche en toi le repos,
l’apaisement de l’âme,
tu ne trouveras rien,
nul n’en fera un drame. »


Je lui souris et dis :

« Qui es-tu, entité ? Crois-tu me diriger ?
le feu qui me consume vient du profond des âges.
Tant que je serai là, tant qu’il y aura des sages,
je poursuivrai ma quête pour apprendre et comprendre,
au-delà de mon être,  et sans jamais me rendre.

Mais qui es-tu enfin pour ainsi me troubler ? »

— Je suis toi, fatigué…

Gilbert