le jour va bientôt se lever, ma tête penchée sur un café.
Les yeux me brûlent, les mots affluent, au bout de mes doigts le refus.
Comme des images qui s’étirent, qui se bousculent qui se déchirent,
Je vois passer le temps, les gens, sans les comprendre pour autant.
Sur une page blanche je veux des mots,
Je veux savoir écrire ce qui me fait défaut.
Je ne suis pas d’ici, je le sens, je le sais.
Je suis un amnésique de toutes mes vies passées.
Au détour d’un chemin, des pensées me reviennent,
Effleurant mon esprit, des bribes me parviennent
Et s’étiolent en lambeaux dès que je fais un pas.
Comment me retrouver et savoir qui je suis.
Peut être en continuant, avec la poésie
Car je suis convaincu, ce n’est pas moi qui écris.
Gilbert

Un poème agréable à lire qui relate bien le processus qui se produit dans la tête d’un écrivain, quand il commence à rédiger un texte (pas forcément une poésie). Il y a une sorte de transcendance, comme tu l’écris, un phénomène d’amnésie, qui fait que c’est une autre personne qui prend la plume !
Peut-être que c’est effectivement en rédigeant une poésie, que l’écrivain perd le plus la notion de rationalité.
Mais cette amnésie ne peut être totale, car pour alimenter le texte que l’on veut rédiger, il faut bien qu’on aille puiser dans la mémoire…
Je te remercie, Loki pour ton commentaire. En ce qui concerne la mémoire, ce peut-il qu’il y ai une mémoire innée, un peu comme une forme d’intrication quantique, commune à tous les êtres humains, ce mêlant à l’acquis, acquis voulu ou non voulu ? Je cherche une réponse et je n’ai pas la prétention de là trouver. Mais peut être des autres, plus érudits que moi…
Grave question. Si cette mémoire existe je ne suis pas sûr que nous puissions en être conscients. Je pense aux oiseaux qui ont la mémoire de la construction des nids qui semble en bonne partie venir d’un savoir inné. Il y a sans doute dans nos comportements humains des automatismes qui relèvent d’une telle mémoire, j’avoue être largement aussi ignorant que toi sur cette intéressante question.
En ce qui concerne la poésie, son élaboration, sa construction me semblent essentiellement d’ordre culturel, mais qu’en est-il de ce qui nous pousse à en écrire. Dans toutes les cultures il y a des poètes, pourquoi ?
Réflexions de café du commerce ! Gilbert tu reprendras bien un coup de blanc ?
Merci Chamans pour ton commentaire et ton point de vue. Je n’avais pas pensé aux oiseaux et leurs nids. Après t’avoir lu, j’ai pensé aussi aux éléphants qui vont mourir dans le même lieu. Effectivement la poésie est d’ordre culturel mais je crois aussi qu’il y a une part de spirituel, comme quelque chose qui s’apparente à la prière, commune à toutes les cultures. C’est peut-être la raison qui fait que je ne sens pas capable d’écrire des nouvelles ; Le manque de culture. C’est aussi pourquoi je ne commente jamais les écrits d’autres auteurs, par manque de légitimité. Je ne suis qu’un carreleur passionné par la lecture et la poésie.
Pour avoir bu mon café au bar de la place de mon village pendent 40 ans, avant de partir sur mes chantiers, j’aurais aimé que les réflexions soient de ce niveau-là. Pour le blanc je suis désolé mais je ne bois plus d’alcool pour des raisons de santé, mais je prendrai bien un perrier rondelle !
Merci encore.