La musique est plus sombre sous un voile de nuit,
l’accord mineur résonne en sa tendre douceur.
Il évoque les doutes, peut troubler notre cœur,
comme une nostalgie qui doucement nous suit.
L’accord majeur rassure, moins d’émotivité.
Loin des accords mineurs dont les gammes s’étirent.
C’est un pacte scellé entre deux volontés,
un serment solennel que rien ne peut détruire.
Dans le respect des rites, des coutumes anciennes,
où l’on s’ouvrait la paume pour mêler son sang pur.
Où l’on pouvait cracher dans nos mains toujours saines,
en les serrant bien fort, l’accord devenait sûr.
L’accord majeur à deux, quand il est un vrai pacte,
doit ignorer les ombres et ne jamais faillir.
Le mineur est exclu, il ne peut convenir.
Rien n’est plus important, c’est loyauté en acte.
Je crus longtemps cela, et ce fut mon erreur.
Aujourd’hui bien trahi, je m’accroche et je saigne.
J’aimerais que l’ichor coule un peu dans mes veines,
et qu’un pouvoir divin m’ôte enfin ces douleurs.
Je garde mes accords au creux de ma guitare,
majeurs ou bien mineurs, ils sont les bienvenus.
Eux ne trahissent point, ils ne sont pas tricards,
ils sonnent sous mes doigts, au rythme convenu.
Et si l’accord est faux, j’accuse mes dix doigts,
Car seule ma faiblesse justifie ce faux pas.
Gilbert.

J’ai aimé cette évocation des accords mineurs et majeurs qui sont décrits ici tels que je les ai toujours ressentis moi-même. Vraiment réussi, je trouve.
Et puis le poème bascule, me semble-t-il, dans d’autres sortes d’accords majeurs, différentes sortes de pactes entre individus, pactes qui pour l’auteur se brisent comme une faute d’accord chez un linguiste.
Finalement, on en revient aux flancs de cette fidèle guitare qui n’est qu’un objet et qu’on ne pourra pas accuser de trahir.
“Rien n’est plus important, personne ne se rétractent.” –> ne se rétracte.
Ce mot “rétracte” me fait un peu bizarre dans un poème, un peu difficile à prononcer je trouve, mais peut-être n’est-ce qu’une impression personnelle ? Je propose, peut-être… ? “Rien n’est plus important, c’est loyauté en acte”
Et quant à mon septième, il reste suspendu
Pour annoncer le ciel d’un si grand estuaire
Un rêve de bonheur, si longtemps attendu
Cette paix finale du retour au grand air
Merci Hermano pour ce commentaire. En effet, je n’arrivais pas à trouver une phrase correcte qui rime avec “pacte”.
Le trou noir. Finalement, j’ai opté pour « rétracte » qui ne me convenait pas non plus. Je l’ai écrit après la correction orthographique de mon IA. Je te remercie pour ta proposition et si tu le permets, je vais changer mon vers et mettre le tien.
J’écris toujours comme un auteur de chanson. J’essaie toujours d’écrire en alexandrin pour faciliter la rythmique musicale. Je tape un rythme avec ma main sur mon bureau et je “rappe” le texte. Même si le vers fait onze ou treize pieds, le but c’est qu’il tombe bien avec le rythme.
Par exemple, si je prends la strophe que tu m’as offerte :
Et. quant. à. mon. sep.tième. il. reste. sus.pen.du
Pour. an.non.cer. le. ciel. d’un. si. grand. es.tu.aire
Un. rê.ve. de. bon.heur. si. long.temps. at.ten.du
Et. Cet.te. paix. fi.nale. du. retours. au. grand. air
Pour être chanté : « Sep.tiè.me » devient « sep.tièm » (ou « septième » monosyllabique, selon la prononciation). « Es.tu.ai.re » devient « es.tu.air » (ou « estuaire » dissyllabique). Je rajoute un “et” au dernier vers : « Cet.te paix. fi.na.le » devient « Et. cet.te. paix. fi.nal »
Voilà un aperçu de ma façon d’écrire.”
Pour mon prochain poème, je vais tenter tout autre chose.
Je comprends parfaitement ce que tu me dis à propos des règles de versification et de la mise en chansons.
Je crois d’ailleurs que j’avais déjà lu cela quelque part.
Et, puisque tu es guitariste, je ne peux m’empêcher de t’orienter vers ce texte que j’avais commis au début de l’épidémie de Covid, lorsque j’avais ressorti ma vieille guitare. Certains commentaires valent aussi un petit détour…
(Le lien qui ne fonctionne plus était je crois vers Jimmy Hendrix jouant l’hymne américain. Inoubliable !)
https://oasisdepoesie.org/textes-dauteurs/autres-textes/hermano/retrouvailles/
@Hermano, Je viens de lire “Retrouvailles” et c’est exactement ce que je vis en ce moment. Mes doigts plein d’arthrose n’arrivent plus à faire un barré correct. Toutes ces années de truelle, de massette et de burin ont rendu mes mains dures, sans souplesse. Ma guitare souffre, une superbe Ovation électroacoustique restée longtemps dans sa boîte, qui doit certainement penser ce que tu as écrit dans ta nouvelle. Et puis je suis gaucher, mais j’ai appris à jouer comme un droitier. Ma main droite ayant moins souffert que la gauche, il me semble que j’aurais moins de mal à faire des accords complexes.
Et puis le commentaire de Loki est impayable. Décidemment, j’adore ce grand homme. Merci Hermano