Saint Valentin ou Seins et plantains 

 

Bonne arrivée à la foire sexuelle!

Bienvenus au festin de tout désir!

Icône de débauche pour assouvir 

Toute catégorie d’envie charnelle.

Au nom du malheureux amour,

Un cirque bien élaboré et orienté, 

Un spectacle démoniaque légalisé

Pour ensevelir toute âme égarée. 

Belle occasion pour escroquer,

Aussi de par amour arnaquer,

Jour de tous les mots et maux,

Certains pensent enfin à l’eau,

Afin de pouvoir d’abord luire,

Et par la suite mieux séduire,

Pour après par la fenêtre fuir

En vue de ce jour, bien jouir. 

Au menu : des jeux des yeux;

Des habillements curieux;

Des allures ostentatoires;

Des rencontres d’un soir;

Des meetings dans le noir. 

Ce jour, on a plus de fièvre,

Avec ou même sans amour, 

On se deguste les lèvres

Sur promesses sans retour,

On se dit et on chante tout,

Durant ces rendez-vous,

Sur des tables de tout coût,

En ce jour qui mieux divise 

Où Vcd et Dvd sont devise. 

A tout coin des grandes rues, 

Se montrant plus ou moins nus, 

Des individus si ivres d’envie,

Prétendant fêter l’amour à vie,

Ce jour qui n’est qu’un prétexte,

Sont juste des chasseurs de sexe,

Face à pleins de jambes légères

Qui cherchent le point de repère. 

Des tours au cabaret programmés,

Des couples réels et virtuels éparpillés,

Certains ne sont amoureux que ce jour,

Même s’ils sont seuls chaque jour,

C’est le jour de toutes les faiblesses,

C’est le jour de trop de promesses,

Qui sortent des lèvres et des pensées,

Annonçant un futur fictivement aisé.

Beaucoup eux, s’en moquent pourtant,

Car voyant de vrais et faux amants.

Debout, à genoux, accroupis, adossés,

Assis, couchés, baissés, même courbés,

Le célèbre jeu de jambes est honoré,

D’innocents mots romantiques sabotés,

Voilà l’amour perverti et déshonoré,

Tout ça au nom d’un certain valentin

Qui semble avoir imposé son destin.

C’est ce fameux jour que tout est vu,

C’est le carrefour de tous les soucis,

Où beaucoup sont amèrement déçus,

Peu importe ce qu’on s’était promis.

Ce jour, certains vont avec certains,

Ce jour, certaines vont avec certaines,

Ce jour, se marient des célibataires,

Ce jour, divorcent certains mariés,

Même des fantômes viennent plaire,

C’est toujours la fête de l’amour. 

Au bilan de ce chaos romantique,

De cette délicieuse foire sexuelle

De cette belle fête de l’impudicité:

Des membres déplacés ou cassés,

Des visages brisés ou balafrés,

Des portraits revus et corrigés,

Des articulations reclassées,

Des bagarres et des blessures,

Des éclats de voix et fractures,

Et fatalement des nouveaux nés,

Tant pis pour les canards boiteux,

C’est toujours la fête des amoureux,

Même si chacun la célèbre à son gré.

Jour conventionnel de débauche,

Avec ou sans argent en poche, 

Fête de la folie et de la déviance,

Fête de toutes les impertinences

Fêtes des seins et des plantains

Gros cauchemar pour certains,

Meilleur temps pour d’aucuns,

Poussant à croire à l’amour réel

Pourtant un piège peint de miel

Jour où dans tout type d’hôtel, 

On voit une immense clientèle.

Jour d’affection accidentelle,

Et des unions occasionnelles.

Toujours ce jour où certains

Abandonnent leurs conjoints,

S’en vont plus ou moins loin

Les tromper avec les voisins,  

Plusieurs y trouvant mariage,

D’autres, de bêtes dommages,

Puisque beaucoup sont pris 

En flagrant délit de tromperie,

Parfois même sur leur propre lit.

Une redoutable foire du sexe,

Un élégant festin des seins,

Car pour certains individus,

Faut savoir varier les goûts,

Pour aussi éviter les dégouts,

En appliquant ces actes indus,

Surtout parce que pour eux,

Même l’eau sale éteint le feu. 

Pour finir, rien de sérieux.

D’incalculables séparations,

D’improvisées et bêtes unions.

Un seul jour sur 365 jours

Pour démontrer son amour,

C’est manquer pour toujours

De mieux vivre le réél Amour. 

Et comme c’est la fête de l’amour

Prière de me taper avec amour! 

 

Henri Aimé Zambo. 

Écrivain camerounais