Dans ma salle de bain

Face à ma glace

J’étais serein

Le menton tendu

Mon blaireau ne cessait de repasser

Sur ma peau poilue

Jusqu’à-là, j’étais détendu

La crème à raser

Affirmait un plus : enrichi à l’huile de palme

Mais depuis hier soir, j’ai perdu mon calme

Car je sais maintenant

Que, par mon geste matinal, je tue les orangs-outangs

Les palmiers anéantissent inexorablement

Les forêts de mes congénères

Je dois plutôt dire mes frères

Nous avons tout en commun

Leur demain

Sera notre après-demain…