Elke part d’un rien, comme toujours, un détail, une brindille, une respiration, une image …

Je pars d’un rien, dit-elle modestement, mais son rien est un germe vivant qui ne demande qu’à croître aux sollicitations de son âme. Cette âme d’artiste, fine toile d’araignée tendue dans la fraîcheur du matin, qui vibre au moindre souffle et où se précipitent les rêves tels des insectes fous poussés par le vent. Un rien qui se gonfle des plus beaux mots, ces montures sauvages que nos émotions chevauchent sans limite. Elle possède cet immense talent de glisser des ailes légères sous nos désirs d’évasions, pour des trajectoires célestes jusqu’à la brûlure du soleil.

Elle est partie d’un rien et je pose son livre, le coeur retourné, la tête dans les nuages, je ne sais plus quelle heure il est et n’entends plus les bruits de la rue, je ne suis plus ici.

Elle m’a eu, pour un rien.