Isabelle et Cyril
Le futur du village semble suspendu à l’exil des derniers
Un contadin me révèle sa grande idée pour le repeupler
Chaque espèce a bien une fonction dans la nature à contempler
Personne dans la placette, seulement un banc et des mûriers
Ici, je me représente des siècles en arrière dans une saynète
Mais ma pensée ne vague plus lorsque j’ai votre âme en tête
Pendant que le mal ricoche partout, vous êtes mon horizon fidèle
Une belle destinée augure un exode urbain comme modèle
Nos cœurs éperdument identiques ne banalisent jamais cette épreuve
Votre vérité m’assiège et efface les mensonges qu’on nous abreuve
À chacun de ses pas timides où de petits riens deviennent des chemins
Ses yeux discrets semblent toujours réfléchir avec humilité
D’un émoi véritable qui alanguit ̀nos visages déjà corallins
Avec ce village désert où je caresse le rêve de l’être réhabilité
Mais les gens emprisonnent leur esprit à l’écran, cela m’indigne
L’authentique bonheur fait souvent que l’amour s’esbigne
Cyril Talbot
