Où sont-ils ?
Mais où sont-ils donc passés, toutes ces femmes et tous ces hommes ? et pourquoi ont-ils laissé ces lieux qui ressemblent à des bungalows pour un séjour au bord du désert australien où poussent encore quelques eucalyptus, ou bien aussi aux bâtiments d’une usine abandonnée pour la nuit, espace morose et plein d’ennui qui attend que le matin vienne de nouveau réveiller les machines et leur ardeur, alors que là, maintenant, tout est si calme, apaisé au point d’en être inquiétant, comme le calme une tempête qui viendrait salir ce ciel étoilé d’une seule et vaillante étoile, étoile que le shérif du coin porte aussi au revers de sa veste, lui qui veille sur ce décor
et qui va venir éteindre toutes les lumières pour jeter là le voile de la nuit, si épais, si dense, si impénétrable, de sorte qu’alors le temps n’existera plus jusqu’au lendemain où peut-être reviendront ces femmes et ces hommes,
à moins que plus jamais il ne retrouvent le chemin jusqu’à ce havre perdu où, je le sais, seuls les ermites et les kangourous viendront tisser ensemble un vie de solitude et d’abandon.
Mais soudain, une autre image me vient :
Mais oui ! la voilà l’idée ! pourquoi ne pas utiliser ces bâtiments d’usine à l’abandon, voués à la décrépitude, pourquoi ne pas profiter de cette chaleur et de ce climat pour les transformer, comme au Kenya, en serres géantes, pleines d’une profusion de formes, de couleurs et de senteurs végétales comme celles de ces lys entêtants ou des ces jasmins prêts à parfumer les mille et une nuits et rendre ce désert heureux, fières aussi de leurs fleurs de cactus d’un pourpre éclatant et de merveilleuses passiflores, un lieu où, à la saison, les jeunes mariés viendraient se faire photographier, respirant à deux et si tendrement tant d’autres beautés butinées par
les colibris aux ailes millionnaires et par ces papillons exotiques aux ailes de soie qui n’auraient d’égales que le drapé des fleurs du datura.
Mais je rêve encore, me direz-vous. Reviendront-ils, ces hommes et ces femmes ? et pour quoi faire ?
Christian – mai 25
Réponse par Claude :
Ils pourraient bien en plus redonner un rôle digne à ces vieilles usines, apprendre à glorifier leur apparence
à travers des peintures en trompe-l’œil, plus vraies que nature, imaginant des bêtes étonnantes perçant
les murs pour se répandre dans la nature et y ensemencer à nouveau une vie foisonnante.



C’est un peu hermétique ! Où est-ce ? Qui sont ces hommes et femmes ?
Merci beaucoup, Loki, d’être passé par là !
On peut supposer que “ces femmes et ces hommes” sont ceux qu’on ne voit pas et qui habituellement occupent ces bâtiments. Mais qui sont-ils vraiment ?
Dans mon texte, j’essaie de percer ce mystère en faisant quelques hypothèses sur ces lieux et sur ce qu’ils pourraient devenir.
Quelques petits éclaircissements me parraissent en effet nécessaires :
En fait, cela a été produit lors d’un atelier d’écriture :