A contre-jour du soleil couchant
Tes cheveux blonds épars nimbés d’or
Se détachent de l’ombre gagnant les champs
Que le soleil déclinant endort
Le contraste des couleurs renaît
Après un midi dont la puissance
Venait anesthésier nos sens
Et du paysage gommer les traits
Des nuées d’insectes volants s’échappent
Comme d’ultimes étincelles d’un briquet
Le soleil tombe derrière les bosquets
Que ses derniers rayons mourants frappent
Je frissonne d’aise à ce moment précis
Entre la fraîcheur du soir venu
Et le vent tiède sur tes épaules nues
Tel est notre dilemme exquis
Tout n’est que volupté ce soir
Où tous nos sens ont plus d’acuité
Et où enfin respire cet espoir
De nous aimer en liberté

Quel poème émouvant ! On souhaiterait rajeunir pour ressentir de telles émotions… Mais le temps malheureusement passe…impitoyable !
À travers un jeu d’ombres, de lumières et de sensations douces, BARLOY ton poème capture l’instant fugitif où la nature offre aux amants un espace de volupté et de liberté
Tu mets bien en exergue :
Le réveil des sens au coucher du soleil : La fin de la journée n’est pas vécue comme un déclin, mais comme un apaisement. La chaleur étouffante de « midi » cédant la place à la douceur du soir, le paysage retrouve ses contours et ses couleurs (« nimbés d’or », « étincelles »).
Une symbiose entre la nature et la femme aimée : La figure féminine (« cheveux blonds », « épaules nues ») s’intègre parfaitement à ce décor. Le poète éprouve une sensation tactile et physique forte, jouant sur le contraste subtil entre « la fraîcheur du soir » et « le vent tiède ».
Un hymne à la volupté et à la liberté : L’apaisement du monde extérieur permet l’éveil de la sensibilité (« tous nos sens ont plus d’acuité »). Le soir devient alors un refuge protecteur où l’amour peut enfin s’épanouir « en liberté ».