Son squelette d’acier rouillé
Aux traits antédiluviens
Porte des écailles de verre
Pavé de dalles mouillées
Poli par un usage ancien
Le sol est taché de vert
L’air humide et oppressant
Nourrit la mousse espagnole
Accrochée à un tronc puissant
D’où descendent des bestioles
Des anthurium, des ficus
Des philodendrons nous toisent
Jouxtent un bassin en ardoise
Débordant de papyrus
Là un pénis de Titan
Fleurit tous les dix ans
Mais soudain, entre les feuilles
Vertes d’une plante éléphant
Attend sagement qu’on le cueille
Un bouquet de mégots fumants

Barloy je ne sais où se situe ta serre, mais elle me rappelle une que j’ai visitée dans un parc à Brest, l’autre à la porte d’Auteuil près du bois de Boulogne
En quelques vers tu nous brosses une vision poétique de celle-ci. Un monde oublié, où le vivant déborde, humide et mystérieux, entre verre, mousse et feuillages. Et puis, au détour des plantes, cette chute inattendue : quelques mégots, dérisoires vestiges humains, qui viennent troubler la poésie sauvage du lieu.
Merci aussi de me rappeler l’existence du pénis de Titan.
De son nom latin l’arum Titan dégage une odeur pestilentielle de chair en décomposition et de cadavre, ce qui lui vaut le surnom de « fleur cadavre ».
Comment oublier cette fleur éphémère et « particulière » ?