Le monde qui rêve de paradis
On m’a dit : “bosse , passe tes diplômes et tu t’en sors “, J’ai usé mes semelles sur des routes qui n’menaient nulle part. , les amours, les trucs que je savais pas faire , tout ça
J’ai vu des gens compter leurs millions, Pendant que d’autres chiffrent leurs dettes et ne répondent pas
Ils attendent juste d’être payés
On m’a dit que la vie était normale , Que chacun avait sa place dans le social , Mais quand je regarde la photo de famille, Y’en a qui ont réussi et d’autres qui ont raté .
J’entends encore cette phrase , sortie de chez pas d’où : “Pour qu’il y ait des riches, faut bien qu’il y ait des pauvres.
” Comme si la misère c’était normal , Comme si la souffrance fallait dire oui , Comme les lampadaires, les vitrines et les murs tout ça bien cassé pourquoi ?
Y en a un qui a dit ben “C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches.”
Ben aujourd’hui c’est pareil , marche , réfléchis , pense et subit. et surtout crache au bassinet
Dans certains quartiers, on brûle, on détruit tout ça pour dire on en a marre de la société
Pendant qu’en haut on discute motivation, capacité, dossiers
En bas on demande de régler , on dit qu’on se trouve à la rue mais personne n’entend cette voix .
Pendant qu’en haut on parle de compétences, en bas on est pas compris mais renié
Le riche a ses caprices, Le pauvre a ses besoins.
Et entre les deux, y’a que des histoires sans fin
le capital et la misère
Mais je parle de cause, Je parle de partage.
Je parle de tous ceux qui sont virés de leur taf parce qu’ils sont pas capables de trouver leur classe , de cocher les croix au bon endroit , de savoir compter
Je parle de ceux qui sont vieux , Et qui ne rentrent plus dans les pages de leurs jolies fiches roses
Alors je regarde autour de moi, Et je me dis j’hérite de la défaite, parce que je suis pas comme tout le monde
Parce qu’au fond, se révolter c’est pas tout saccager
Le vrai scandale, C’est qu’il y en a qui vivent et qui voyagent tous les week end et d’autres qui restent au fond de leur lit
Et tant qu’on se couchera le ventre vide, et qu’on pourra plus rouler
Alors les Misérables ne seront pas seulement un livre, Ils seront toujours dans les rues et les carrefours pour se montrer d’un monde qui rêve de paradis.
