J’vais t’faire un slam à la Renaud, Pas bien droit, un peu bancal, mais jamais faux.
Avec des mots qui puent la clope, La vie qui pique, et tout le bazard
le cœur comme une pelote de laine
Tu dis : les yeux plus petits, Alors j’te parle d’un mec qui a trop chialé,
Pas une gonzesse un vrai mecton en chair et en béton
Trop trinqué sur le Ricard et trempé dans l’amourette
Un type qui porte son âge comme un vieux perf coincé au fond d’un placard
Qui nous ramène tous ses lascars pour l’apéro
Renaud, c’est l’ami qu’a pris des coups, Qui comme il dit “toujours debout “,
Qui dit “j’vais bien” frangin avec la voix qui tremble, Et le sourire qui pince comme deux épingles à linge
Il a l’air vraiment de son âge, il s’en fou il est morgane de Lolita
Mais dans son regard, y’a encore le loubard de Paname,
Celui qui gueulait contre les cons, les bourges, et les autres…
Qui chantait pour les crevards, les éclopés, les blessés de la vie
Alors j’te fais un slam qui lui ressemble :
Un peu tordu comme tu le sens, Avec des mots qui cognent un peu , Mais v’la toujours présent
Parce que Renaud, c’est ça : Un cœur en vrac, Une voix qui déraille , Mais une âme sans faille


La vieillesse est un naufrage, heureusement que les souvenirs surnagent.
C’est la cas de Renaud. En l’occurence l’alcool et la drogue ont bien aidé au naufrage…
Ton texte rend un hommage vibrant et sincère à l’univers de Renaud, en adoptant avec réussite les codes du slam et la poésie argotique du chanteur.
Les points forts de ton texte :
L’appropriation du style : L’utilisation du vocabulaire familier (mecton, lascars, gonzesse, perf) et le rythme syncopé restituent parfaitement le parler « loubard » et l’authenticité de Renaud.
Le jeu sur les références : L’intégration des citations et chansons clés (« toujours debout », « morgane de Lolita », le Ricard) s’insère naturellement dans le récit sans paraître forcée.
Une sensibilité touchante : La description de la vulnérabilité de l’artiste — entre le « cœur en vrac » et l’« âme sans faille » — capture la dualité entre la rudesse du personnage et sa grande tendresse.
C’est un hommage à la fois brut et émouvant, qui saisit l’essence même du « poète au bandana
Bonjour Annie, voici un poème sur l’écorché vif qu’était Renaud, qui loin d’être un loubard, défendait les zonards et se rebellait contre les injustices. Il est sans filtre, comme ses cigarettes et adepte de Saint Quentéin comme disait Coluche.